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Radars : le gouvernement fait marche arrière... ou pas ?

Mais que fait le gouvernement avec la sécurité routière ? Ce mercredi matin les députés de la majorité pensent avoir gagné leur bras de fer, mais...

Mais que fait le gouvernement avec la sécurité routière ? Ce mercredi matin les députés de la majorité pensent avoir gagné leur bras de fer, mais... - -

Gel du démontage des panneaux signalant les radars fixes, mise en place de "radars pédagogiques". Les députés UMP ont gagné leur bras de fer contre le gouvernement sur la sécurité routière. Mais certains s'élèvent contre cette « reculade », les associations de victimes s'interrogent, et à gauche on parle d'une « manœuvre électoraliste ».

Mais que fait le gouvernement avec la sécurité routière ? Ce mercredi matin les députés de la majorité pensent avoir gagné leur bras de fer. Matignon répète que les panneaux de signalisation des radars seront bien démontés. Au contraire, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant annonce le gel du démontage des panneaux. A terme, les vrais radars devraient être annoncés par des "radars pédagogiques".

« On passe du tout répressif à une pédagogie… »

« C’est une victoire de la démocratie, se réjouit le député UMP du Nord Christian Vanneste, qui fait partie des élus frondeurs : Concrètement, on passe du tout répressif faisant de chaque automobiliste un pêcheur originel, à une pédagogie qui visera à sécuriser les gens. Alors on va arrêter d’enlever les panneaux de signalisation, dans la mesure où on va installer des radars pédagogiques qui vont indiquer la vitesse à laquelle on roule, plutôt que de pénaliser par un flash qui surprend le conducteur un peu inattentif. »

Certaines voix s'élèvent contre ce qu'elles appellent une « reculade ». Pourquoi revenir sur sa décision de supprimer les panneaux signalant les radars automatiques ? De nombreuses associations de victimes s'interrogent... À gauche, on parle d'une « manœuvre électoraliste ».

« Cesser de prendre de nouvelles mesures quand on n’a pas évalué les précédentes »

A la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon retient surtout que le gouvernement recule, et l’interpelle sur ces nouveaux radars pédagogiques : « Il est certain que pour ceux qui sont dans les villes ça peut être une sensibilisation momentanée. Mais il est clair qu’il n’y a aucune évaluation de ces radars pédagogiques ; et nous allons en avoir 1000 de plus pour remplacer les panneaux qui indiquaient la présence des radars. Il faut cesser de prendre de nouvelles mesures quand on n’a pas évalué les précédentes. Il s’agit d’un budget qui n’est pas négligeable ; sera-t-il pris au détriment des 1800 éthylomètres qui devaient être achetés pour lutter contre l’alcool ? C’est la question que nous posons au gouvernement ! »

« C’est pas la vitesse la première responsable, c’est l’alcoolémie »

Autre motif de satisfaction pour les parlementaires: la mise en place d'une mission d'information. Il n'y aura pas de texte de loi concernant la sécurité routière avant les conclusions de la mission. Mission dont bon nombre de députés, dont Alain Gest, député UMP de la Somme, souhaitent qu'elle aborde la lutte contre l'alcool et la drogue au volant : « On sait déjà que c’est pas la vitesse la première responsable, c’est l’alcoolémie. Donc qu’est-ce qu’on fait pour ça ? Pour l’usage des stupéfiants ? Comment fait-on pour que les gens n’aient pas les yeux sans arrêt rivés sur le bord de la route pour savoir s’ils doivent rouler à 110, 90, 130, etc. ? Le tout répressif a, à mon avis, des lacunes et je pense qu’il ne faut jamais oublier la prévention. »

Claude Guéant recevra ce vendredi matin les fabricants d'avertisseurs de radars, pour les rassurer sur les intentions du gouvernement.

La Rédaction, avec V. Jacquier et N. Vesnitch