BFMTV

Quasi-unanimité sur la Libye à l'Assemblée nationale

Une quasi-unanimité a prévalu mardi au Parlement dans le débat sur l'intervention militaire en Libye. A l'exception du Parti communiste, l'ensemble de la classe politique a approuvé les opérations armées lancées samedi pour empêcher le colonel Mouammar Ka

Une quasi-unanimité a prévalu mardi au Parlement dans le débat sur l'intervention militaire en Libye. A l'exception du Parti communiste, l'ensemble de la classe politique a approuvé les opérations armées lancées samedi pour empêcher le colonel Mouammar Ka - -

par Elizabeth Pineau PARIS (Reuters) - Malgré quelques bémols et mises en garde, une quasi-unanimité a prévalu mardi au Parlement dans le débat sur...

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Malgré quelques bémols et mises en garde, une quasi-unanimité a prévalu mardi au Parlement dans le débat sur l'intervention militaire en Libye, où la France parle déjà d'organiser la paix.

A l'exception du Parti communiste, l'ensemble de la classe politique a approuvé les opérations armées lancées samedi pour empêcher le colonel Mouammar Kadhafi d'attaquer sa population.

Le Parti socialiste a toutefois mis en garde contre "un nouvel Irak", le Nouveau Centre a soulevé le risque de "bavure" contre les civils et les centristes du MoDem se sont inquiétés des critiques d'une partie de la communauté internationale contre cette opération, qui implique une dizaine de pays.

"Nous vous demandons solennellement d'assurer que la France ne prendra, en aucune façon, part à un plan caché qui aurait pour objet une seconde phase de l'engagement militaire", a dit Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée.

"La Libye ne doit pas devenir un nouvel Irak ou conduire au même envasement qu'en Afghanistan", a-t-il prévenu.

Pour le chef du groupe UMP Christian Jacob, cette intervention n'a "de sens que si elle reste limitée et encadrée".

S'il a reconnu que l'action diplomatique de la France avait été "bien conduite", François Bayrou, président du Mouvement démocrate, a déploré l'absence de vote au Parlement sur l'opération, comme cela s'est fait dans d'autres pays, et pointé "la division internationale" sur son bien-fondé.

Beaucoup plus virulent, le Parti communiste a fustigé une "intervention occidentale menée par des ex-pays colonisateurs".

"Nous faisons preuve aujourd'hui d'un courage politique en refusant de mêler nos voix à l'unanimisme béat et aveugle qui rassemble autour du président Sarkozy et l'entrée en guerre de la France", a dit Roland Muzeau, porte-parole des élus PC.

"LE MUR DE LA PEUR EST TOMBÉ"

Dans son propos liminaire au débat à l'Assemblée nationale, qui s'est poursuivi au Sénat, le Premier ministre, François Fillon, a invité les élus à soutenir une opération destinée à contrer "le mur de l'oppression" dressé par Mouammar Kadhafi.

"Le mur de la peur est tombé. Et en tombant, il démontre qu'il n'y a pas de fatalité pour les populations de cette région à être enfermés dans un choix binaire entre pouvoir autoritaire et régime islamiste", a-t-il déclaré.

"Ne pas intervenir en Libye, c'était donner un blanc seing à Kadhafi et à ses séides", a ajouté le chef du gouvernement. "Ne pas intervenir, c'était constater que le mur de l'oppression reste finalement plus fort que le souffle de la liberté".

Une zone d'exclusion aérienne désormais mise en place, il en a appelé au peuple libyen.

"Même si nous appelons au départ de Kadhafi, c'est au peuple libyen à lui seul qu'il revient de décider de son destin et de ses futurs dirigeants", a-t-il dit.

Comme lui, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a parlé d'avenir. La France, qui a joué un rôle moteur dans le vote de la résolution 1973 des Nations unies sur la Libye veut continuer d'être leader dans le futur processus de paix.

"Nous voulons une intervention de courte durée", a-t-il dit. "Il nous faut d'ores et déjà penser à la suite et la suite, c'est la paix".

"Le président de la République s'exprimera dans les prochains jours dans cet esprit", a-t-il précisé.

En réponse aux critiques, le chef de la diplomatie française a aussi annoncé une réunion de coordination de l'opération en Libye réunissant les ministres des Affaires étrangères des Etats intervenants et ceux de la Ligue arabe.

"Nous devrions nous réunir dans les tout prochains jours à Bruxelles, à Londres ou à Paris et répéter régulièrement ce genre de réunion", a-t-il précisé.

Avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse

REUTERS