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Quand Jean-Marie Le Pen se fait payer 8.500 euros de grands crus par le Parlement européen

Jean-Marie Le Pen a fait payer 8.500 euros de grands crus au Parlement européen. (Photo d'illustration)

Jean-Marie Le Pen a fait payer 8.500 euros de grands crus au Parlement européen. (Photo d'illustration) - AFP

Le président d'honneur du Front national a commandé de nombreuses bouteilles d'alcool prestigieux, aux frais du Parlement européen, selon une enquête de Mediapart.

Du pomerol, du Dom Pérignon ou encore du saint-émilion. Plus de cent bouteilles de vin haut de gamme ont été livrées à Jean-Marie Le Pen, dans son manoir de Montretout à Saint-Cloud, dans les Haauts-de-Seine, pour une facture supérieure à 8.500 euros. Or, cette somme a été réglée par le Parlement Européen, révèle une enquête de Mediapart

D'après les informations du site d'investigation, le président d'honneur du Front national a utilisé l'argent mis à disposition grâce à une enveloppe de fonds publics, qui prévoit de couvrir les frais de secrétariat ou de représentation d'eurodéputés. En outre, le prix des bouteilles destinées à Jean-Marie Le Pen se situerait bien en-dessous de la facture habituelle pour ce type de grands crus.

Cette dépense aurait récemment attiré l'attention des services du Parlement européen, qui ont contacté le caviste concerné. Dans l'immédiat, celui-ci n'a pas souhaité communiquer plus de détails.

Le Parlement européen et le FN, une histoire de polémiques

Ce n'est pas la première fois que les pratiques du Front national au Parlement européen éveillent l'attention. Le parti est soupçonné d'avoir créé des emplois fictifs, après avoir versé frauduleusement, entre 2012 et 2017, des salaires à des assistants parlementaires FN. Le 21 avril, le Parlement européen a fait savoir qu'il estimait le préjudice à près de 5 millions d'euros. 

Au total, 17 députés européens du Front national sont visés par une enquête, parfois pour plusieurs assistants. Parmi eux: Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle, son père Jean-Marie Le Pen, Louis Aliot et Florian Philippot. 

En février 2017, Catherine Griset, cheffe de cabinet de Marine Le Pen, et Thierry Légier, son garde du corps, ont été mis en examen, deux jours après des perquisitions menées au siège du Front national. Marine Le Pen, elle, a refusé de se rendre à une convocation des juges en vue de sa possible mise en examen pour abus de confiance. 

Alexandra Milhat