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Quand des candidats à la présidentielle se mettent aux jeux vidéo

François Fillon dans les locaux de Thales à Mérignac le 25 janvier 2017.

François Fillon dans les locaux de Thales à Mérignac le 25 janvier 2017. - MEHDI FEDOUACH - AFP

Les équipes de Jean-Luc Mélenchon et d'Emmanuel Macron ont mis en scène leur programme dans un jeu vidéo. Une autre création vidéoludique permet aux joueurs de tenter de remporter la présidentielle.

Les personnalités politiques prêtent une attention parfois soutenue au monde des jeux vidéo. Jean-Luc Mélenchon en est friand et cette semaine, le candidat va devenir le héros d'un jeu sur Internet où il s'agira de récupérer l'argent s'écoulant dans la fraude fiscale. Son titre: Fiscal Kombat, un clin d'œil au jeu Mortal Kombat. Dans la bande annonce déjà disponible, une citation de Jean-Luc Mélenchon met les joueurs dans l'ambiance: "La fraude fiscale représente en France l’équivalent annuel du budget de la patrie. Si les voyous qui nous pillent de cette façon payaient ce qu’ils doivent et participaient à l’effort de tous comme chacun, il n’y aurait plus de déficit dans ce pays".

Ensuite, un Jean-Luc Mélenchon fortement (et sciemment) pixellisé accueille les joueurs dans une esthétique rendant hommage aux jeux d'arcade des années 90. L'œuvre est le travail d'une équipe de sympathisants de Jean-Luc Mélenchon "Discord-Les Insoumis". 

Jean-Luc Mélenchon, dont le programme aborde l'industrie du jeu vidéo, avait précédemment fait parler de lui dans cet univers. En novembre 2014, après s'être emporté contre la représentation négative de Robespierre dans Assassin's Creed Unity, le leader de La France insoumise s'était vu offrir une console et le jeu en question par un réseau de magasins français.

L'éphémère application vantant les mérites de Macron

Mais Jean-Luc Mélenchon n'est pas le seul à s'intéresser à l'univers vidéoludique. A la fin de l'année dernière, Emmanuel Macron a été, grâce à son équipe, l'objet d'un jeu vidéo intitulé: En marche vers l'Elysée. L'application, téléchargée 10.000 fois, a cependant tourné court. Les multiples mises à jour ont rendu l'outil trop cher à produire.

Le jeu Geopolitical Simulator 4 ne dépend pas d'un candidat mais s'est aussi saisi du sujet de la présidentielle. Comme le note RFI, il est possible d'incarner l'un des candidats et de partir à la conquête de la présidence de la République. Des noms fictifs ont été substitués aux états-civil d'origine mais la transposition n'est guère difficile: François Fillon devient Jacques Grillon et Marine Le Pen, Martine Le Gueven. 

Une campagne parallèle en 2007

Si la tendance s'accélère, elle n'est pas neuve pour autant. Le JDD rappelle un précédent surprenant: en 1992, le Front national avait sorti son propre jeu vidéo, Jean-Marie, jeu national multimédia, FN92. Le jeu, qui proposait d'aider Jean-Marie Le Pen à devenir chef de l'Etat en luttant contre ses adversaires du moment tels que François Mitterrand ou Fodé Sylla, alors président de "SOS Racisme", a fini par être retiré des ventes pour "atteinte à la vie privée". 

En 2007, la campagne n'avait pas non plus été exempte de ce phénomène. Ségolène Royal avait ouvert une comité "Désirs d'avenir" dans le monde virtuel de Second Life. Cette installation succédait d'un mois et demi à l'ouverture, tout aussi fictive, d'une permanence frontiste sur cette même plateforme. 

R.V.