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Procréation assistée : le gouvernement nie tout recul pour les homosexuelles

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Des membres du gouvernement ont démenti dimanche tout recul sur la question de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les homosexuelles, déclarant que la question serait tranchée dans le cadre du débat parlementaire sur le projet de loi sur le "mariage pour tous".

Plusieurs associations ont critiqué le fait que la PMA (Procréation médicalement assistée) ne figure pas dans le texte qui sera présenté en Conseil des ministres fin octobre, alors que François Hollande s'était déclaré favorable à son ouverture aux couples de lesbiennes pendant la dernière campagne électorale. De son côté, le gouvernement assure que la question sera tranchée dans le cadre du débat parlementaire. Interrogée sur France 3, la ministre de la Justice Christiane Taubira a déclaré que le débat sur la question "aura lieu" mais que sa responsabilité était de mettre en oeuvre l'engagement de campagne de François Hollande sur le seul mariage et l'adoption pour les couples homosexuels. « Il n'y a pas de recul », a-t-elle dit, « où est la marche arrière puisque l'engagement est appliqué dans le texte » ?
« Le débat aura lieu, vous voudrez bien patienter, il aura lieu », a-t-elle ajouté à propos du PMA, un sujet qui l'oppose à la ministre de la Famille Dominique Bertinotti, en soulignant que la présentation d'amendements en ce sens était de « la responsabilité des parlementaires, députés et sénateurs ».
Sur Canal+, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a déclaré de même que « ce débat se tranchera dans le cadre du débat parlementaire ».

« Pas de papas mais deux mamans »

« Je suis favorable à la procréation médicale assistée dans le sens où elle est autorisée pour les couples hétérosexuels, explique Karine qui a déjà deux enfants avec Elodie. Elles sont allées en Belgique pour pouvoir avoir recours à la PMA. On est des citoyennes françaises, explique-t-elle, mais on n’a pas accès aux mêmes droits que les autres. Dans notre histoire d’amour, il n’y a pas de papas mais deux mamans. Comme on ne peut pas faire d’enfants, on fait appel à un donneur anonyme. Le géniteur ça reste bien un homme. On le dit bien au départ à l’enfant. On ne va pas inventer un famille dans laquelle deux mamans auraient fait un bébé ».

« Une véritable discrimination »

« Ce n’est pas cohérent, soutient Henri Joyeux président de l’association Familles de France, praticien hospitalier et professeur à l'université Montpellier I. Si elles veulent avoir un enfant, il faut l’insémination d’au moins l’une d’entre elles par un spermatozoïde venant de l’homme. Ça veut dire que cet enfant va avoir deux mères mais qu’on lui dit : "toi, tu n’auras pas de père". C’est une véritable discrimination. A 18 ans l’enfant va demander à savoir qui est son père biologique. Il faut dire à ces femmes, qu’il faut qu’elles aient un vrai mari qui les comprend et avec qui elle feront un bel enfant ».

La rédaction avec Reuters