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Primaire : Chatel va veiller à « fermer le moins de classes possible »

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Dans La Croix ce vendredi, le ministre de l'Education Luc Chatel confirme le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, mais dit qu’il va veiller « à fermer le moins de classes possible » en primaire. Inquiets, parents et enseignants dénoncent un effet d’annonce qui « ne rime à rien ».

Luc Chatel va veiller « à fermer le moins de classes possible » en primaire l'année prochaine. Dans un entretien au journal La Croix, le ministre de l'Education nationale confirme le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, mais « va demander un traitement différencié pour le primaire ».
Ces dernières semaines de nombreuses manifestations ont dénoncé les menaces de suppressions de classes dans de nombreuses villes de France ; l’association des maires de France soulignant que près de 9000 postes d’enseignants supprimés dans le primaire à la rentrée de septembre 2011 entrainerait la suppression de 1500 classes, alors que 4900 nouveaux élèves sont attendus pour cette rentrée, selon l’association.

« C’est un grand pipeau ! »

Pour Jean-Jacques Hazan, secrétaire général de la FCPE [première fédération de parents d’élèves], c'est un effet d'annonce visant à séduire les maires en vue de la présidentielle : « Je pense que c’est simplement pour dire aux maires qu’il les a entendus, qu’il va supprimer moins de classes. Mais c’est un grand pipeau, ça ne veut rien dire. Effectivement, on pourrait ne jamais supprimer de classes et supprimer 3400 postes de remplaçants, et comme ça il n’y aurait plus de remplaçants et chaque jour il y aurait des dizaines et des dizaines de milliers d’enfants qui n’auraient pas de classe. Et il dit "on va fermer moins dans le primaire et plus dans le secondaire" ; mais il y a déjà 40 000 élèves en plus en 6e ; on va fermer combien de classes dans les collèges ? On en ferme déjà 2000. Ça ne rime à rien son truc ! »

« On déshabille Pierre pour habiller Paul. Et encore… »

Tout aussi inquiet pour le collège, Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUIPP [premier syndicat d'enseignement de primaire], explique : « On déshabille Pierre pour habiller Paul. Et encore, avec un habit un peu léger. Mais si effectivement il y a un traitement différencié pour l’école primaire, Luc Chatel devra obligatoirement prendre ailleurs, sans doute dans le collège ; ce qui est tout aussi inacceptable. Ça montre bien que la politique aveugle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux est une impasse, surtout quand on veut faire de l’école une priorité ; ce qu’elle devrait être pour notre pays. »

La Rédaction, avec J. Zeghoudi et Y. Olland