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Primaire à gauche: Montebourg se pose en sérieux rival de Hollande

Alors qu'il vient tout juste d'officialiser sa participation à la primaire à gauche, Arnaud Montebourg est donné vainqueur face à François Hollande, dans un sondage publié ce lundi, réalisé par BVA/Presse régionale. Est-il un candidat capable de faire plier le Président sortant?

"Les sondages c'est comme les parfums, on peut les sentir, mais on ne peut pas les boire" disait le prix Nobel de la Paix israélien Shimon Peres, repris ce dimanche par le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. La prudence de cette maxime s'applique plus que jamais à une primaire de la gauche de plus en plus indécise, notamment entre François Hollande et Arnaud Montebourg. 

Au lendemain de l'annonce de sa participation à la primaire de la BAP, comme Belle Alliance Populaire, soit les partis de la gauche de gouvernement, un sondage BVA/Presse régionale donne l'ex-ministre de l'Economie vainqueur face au président de la République sortant.

Plus précisément, Arnaud Montebourg serait battu au premier tour de la primaire par François Hollande, qui sort vainqueur de ce tour in extremis en s’appuyant sur les électeurs socialistes. Derrière le duo de tête, Benoît Hamon, qui récolte 14% des votes. Au deuxième tour, la victoire irait dans la poche du chantre du Made in France, grâce au report des voix données à Benoît Hamon.

Un candidat "sérieux" face à François Hollande

Pour le politologue Gérard Grunberg, spécialiste du Parti socialiste et directeur de recherche à Sciences-Po, Arnaud Montebourg est un candidat "sérieux" face à François Hollande.

"C'est un candidat sérieux, qui représente aujourd'hui un tiers du parti, dont les frondeurs, ce n'est pas rien", détaille le chercheur à BFMTV.com. "C'est le seul qui peut gagner contre François Hollande", ajoute-t-il.

Mais pour ce rocardien historique, si Arnaud Montebourg est un adversaire crédible, il n'est pas pour autant en mesure de remporter la primaire à gauche. Et pour cause, comment faire le poids face à un PS rassemblé derrière François Hollande? "C'est certes le seul qui peut gagner contre le président sortant, mais je n'y crois pas du tout", confie le politologue.

Pas mieux que François Hollande

Quant à un mouvement des électeurs de gauche pour faire d'Arnaud Montebourg le candidat du PS, cela est difficilement imaginable, selon Gérard Grunberg. Les électeurs de gauche ayant plus de chances de faire passer le candidat Jean-Luc Mélenchon -soutenu par le Front de Gauche et une partie des communistes- face à François Hollande qu'à Arnaud Montebourg.

Que l'on imagine François Hollande, Arnaud Montebourg, ou même Manuel Valls victorieux à la primaire, pour le spécialiste du PS, une chose est sûre: aucun de ces candidats n'est capable de se hisser au second tour de la présidentielle.

Une primaire aux règles quasi-inchangées

Ce dimanche, Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, a officialisé les règles de la primaire de la gauche. Des règles qui seront, à quelques détails près, les mêmes qu’en 2011, comme le réclamait lui-même Arnaud Montebourg.

Un point sur lequel a insisté l'ancien ministre du Redressement productif: l'augmentation du nombre de bureaux de vote à travers le pays. En passant de 5.000 à 8.000, le PS lui a donné satisfaction. "Le Parti socialiste nous a entendus pour une grande partie. S'il fallait chiffrer, je dirais qu'il nous a entendus à environ 70%. C'est particulièrement vrai sur les bureaux de vote”, expose François Kalfon, conseiller régional d'Ile-de-France et soutien d'Arnaud Montebourg, sur Atlantico.

50.000 euros du parti pour financer sa campagne

Toutes les exigences du candidat n'ont pas pour autant été satisfaites, la direction du PS n'ayant pas cédé à ses demandes financières: alors que l'ancien locataire de Bercy réclamait 100.000 euros de budget de campagne par candidat, le parti n'en a validé que 50.000. A noter que chez Les Républicains, les candidats doivent lever leurs propres fonds de campagne. 

En attendant les votes de la primaire à gauche, dont les deux tours auront lieu les 22 et 29 janvier prochains, Arnaud Montebourg a d'ores et déjà annoncé une douzaine de meetings de campagne.

Marine Henriot