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Présidentielle 2022: la Macronie craint une candidature à la Coluche

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Et si un candidat inattendu se révélait dans l'opinion d'ici à la présidentielle, au point de rafler la mise lors du prochain scrutin ou, à tout le moins, de peser sur l'élection? C'est là une des craintes de l'exécutif, comme certains de ses membres l'ont confié à notre antenne.

Un président de la République suscitant un rejet particulièrement fort de la part de ses détracteurs, une opposition en ordre dispersé et affaiblie. La situation ménage un boulevard en face d'Emmanuel Macron... Un boulevard, oui, mais pour qui? L'exécutif bruisse désormais d'une crainte: l'apparition en vue de la prochaine présidentielle d'une candidature hors système, débarrassée des scories attribuées aux appareils politiques et aptes à cristalliser la colère sociale hexagonale. 

"On serait très mal avec l'émergence d'un phénomène à la Coluche"

"Le risque pour nous serait l’émergence d’un phénomène à la Coluche. Alors là, on serait très mal", a confié un macroniste historique à notre antenne.

Si la tentative de hold-up de la scène politique par la salopette la plus célèbre de France remonte déjà à 1981, année de présidentielle qui avait vu l'humoriste crédité de 15% d'intentions de vote dans un sondage avant de renoncer, la conjoncture semble favoriser ce type de profils. Il y a quelques années, le comique Beppe Grillo a réussi à bouleverser la classe politique italienne avec son Mouvement Cinq Étoiles qui a, depuis, réussi à s'installer au gouvernement. Volodymyr Zelenski, comédien, s'est emparé de la présidence ukrainienne. Et si Donald Trump n'est pas à strictement parler un acteur, malgré quelques participations cinématographiques ou télévisuelles, il n'en dédaigne pas les codes. 

Un membre du gouvernement a évoqué auprès de notre chaîne la possibilité du surgissement, pour 2022, d'un "candidat populiste qui va réussir à capter des voix à droite et à gauche: Cyril Hanouna, Natacha Polony, le général de Villiers".

Le nom de l'animateur de C8 est sans aucun doute celui qui revient le plus souvent dans les environs de l'exécutif. "Il faut une communauté, des gens qui vous suivent. Cyril Hanouna a cette force de frappe. Il peut mobiliser massivement sur les réseaux. Il est un des rares qui parle à la diversité dans ce pays", a ainsi prolongé un ministre. 

Ce mardi, auprès de CNews, le présentateur a tenté de couper court à cette rumeur. "Je n’ai aucune envie de me présenter aux prochaines élections. C’est sûrement Balance Ton Post (une de ses émissions, NDLR) et les personnalités qu’on a fait parler qui peuvent donner cette idée." Il a ajouté: "Je ne me suis jamais posé la question et je ne pense pas que j’ai ma place. J’essaie d’être le médiateur entre les personnes qui souffrent et le gouvernement". 

"L'avenir n'est pas certain"

Des députés de la majorité contactés par BFMTV.com se montrent d'ailleurs très circonspects. L'élu MoDem, Jean-Louis Bourlanges, représentant les Hauts-de-Seine a en effet posé: "Ça ne me paraît pas être quelque chose qui soit très vraisemblable. Ça n’ira pas loin, il n’y a pas de majorité possible". Il a cependant observé: "J'ai l’impression qu’il y a un risque de rejet d’Emmanuel Macron qui n’est pas négligeable".

Jean-Baptiste Moreau, député LaREM élu dans la Creuse, estime lui que "tout est toujours possible, Beppe Grillo ça a bien marché". Bruno Bonnell va plus encore plus loin: "La candidature surprise d'Emmanuel Macron en 2017 a désinhibé beaucoup de gens et a lancé l'idée que finalement, si on incarne quelque chose, on peut prétendre à des fonctions électives". Pour le député LaREM du Rhône, "il n'y a rien qui va empêcher quelqu'un d'oser". 

"Si Cyril Hanouna incarne une certaine France, c'est tout aussi légitime que certains partis politiques comme La France insoumise ou En Marche!", ajoute le député, qui n'est toutefois pas inquiet si la prophétie devenait réalité: "C'est certainement pas sur notre électorat que M. Hanouna prendra des voix."

Le principal intéressé par ces supputations a lui-même averti le gouvernement. Lors du dernier Conseil des ministres, Emmanuel Macron a souligné: "L’avenir n’est pas certain. On est de passage. Une réélection n’est pas garantie". 

Clarisse Martin, Robin Verner et le service politique de BFMTV