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Police et FN: la presse renvoie gauche et droite dos à dos

Les policiers ont manifesté pour la 3e nuit consécutive.

Les policiers ont manifesté pour la 3e nuit consécutive. - Bertrand Guay - AFP

Les éditorialistes se montrent divisés après les déclarations de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, qui a dénoncé "la patte du FN" derrière le mouvement de protestation des policiers.

Alors qu'un policier sur deux se dit prêt à voter Marine Le Pen à la présidentielle 2017, la presse est divisée quant aux responsabilités politiques dans cette affaire, notamment après la déclaration de Jean-Christophe Cambadélis qui voit "la patte du FN" dans le mouvement policier.

Certains éditorialistes évoquent "le FN en embuscade", alors que d'autres exonèrent le parti de Marine Le Pen d'avoir organisé cette "jacquerie", mais tous renvoient gauche et droite à leurs responsabilités respectives.

"Peut-on reprocher à ces policiers de montrer qu'ils se sentent abandonnés et prêts à basculer, si ce n'est pas déjà fait, à l'extrême droite?", s'interroge Johan Hufnagel dans Libération qui voit tout de même "les policiers le front haut" et "le FN en embuscade". Le directeur de la rédaction de Libé souligne, comme nombre de ces confrères, que "les policiers n'oublient pas qui a coupé dans leurs effectifs et les a désorganisés: ils sont tous candidats à la primaire à droite".

"La droite ne peut pas plus fanfaronner"

D'autres tel Guillaume Tabard du Figaro, pensent que Jean-Christophe Cambadélis, "se trompe". "Le parti de Marine Le Pen n'est pas l'organisateur de cette 'jacquerie', mais il pourrait bien en être le grand bénéficiaire", assure-t-il.

"Pendant que le FN attise la fronde, que des candidats à la primaire de droite éreintent la gauche, le pouvoir doit gérer une situation provoquée, en partie, par une baisse de moyens décidée avant Hollande", rappelle Didier Rose, des Dernières Nouvelles d'Alsace.

Dans L'Eclair des Pyrénées, Philippe Reinhard juge que "le pouvoir hollandais fait preuve d'une faiblesse insigne" mais n'oublie pas "la suppression, sous le quinquennat Sarkozy, de milliers d'emplois dans la police et la gendarmerie." Pour Matthieu Verrier, de La Voix du Nord, le gouvernement "porte une part de responsabilité", mais "la droite ne peut pas plus fanfaronner".

Jean-Louis Hervois, de La Charente Libre, évoque une "police bleu marine" et s'inquiète qu'en "captant la colère de fonctionnaires laissés pour compte, le FN et son chef se désignent déjà pour la suite comme la seule alternative qui vaille".

Agacé par la sortie du Premier secrétaire du PS, Jean-Marcel Bouguereau de La République des Pyrénées, ne comprend pas qu'"à force de dénis, nos gouvernants ne se rendent pas compte qu'ils font justement la courte-échelle au Front National ?" "Faut-il y voir la main du FN ?" s'interroge Yolande Baldeweck dans L'Alsace

Enfin, dans Ouest-France, Michel Urvoy déplore la mauvaise foi des politiques. "Le PS veut y voir la main du FN. Les Républicains tentent de faire oublier leur politique passée, en entretenant l'idée d'un pouvoir socialiste forcément laxiste", écrit-il avant de souligner que "cette mauvaise foi serait risible si elle n'avait pas de conséquences."

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A. K. avec AFP