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Plan d'économies: qui va voter quoi?

Le Premier ministre Manuel Valls à l'Assemblée, lors de son discours de politique générale le 8 avril.

Le Premier ministre Manuel Valls à l'Assemblée, lors de son discours de politique générale le 8 avril. - -

Manuel Valls passe l'épreuve du feu ce mardi devant les parlementaires. Jusqu'à l'ultime moment, le Premier ministre va tenter de rallier de son côté une majorité de députés la plus large possible derrière son plan d'économies de 50 milliards.

Après deux semaines d'une fronde au sein de la majorité, le gouvernement de Manuel Valls va tenter de faire adopter mardi à l'Assemblée nationale son plan de 50 milliards d'économies. Le Premier ministre a notamment donné lundi des gages de compréhension aux députés PS mécontents et écrit un courrier aux parlementaires de la majorité comme à ceux de l'opposition pour souligner l'importance des mesures qu'il entend engager avec leur soutien. Suffisant? BFMTV.com passe en revue ses troupes, parti par parti.

> Une poignée de députés PS fait de la résistance

A l'exception d'une poignée de députés socialistes frondeurs, une très grande majorité des parlementaires PS doit se ranger derrière Manuel Valls, ce mardi. Il s'agit d'un "vote extrêmement clair de soutien à la politique menée" par l'exécutif, a ainsi assuré l'un des porte-parole du PS, Olivier Faure, quelques minutes après l'adoption du plan d'économies par le bureau national du PS, lundi soir.

Mais dans les faits, la situation est plus complexe, il n'est pas exclu qu'entre 20 et 40 députés PS - sur 291 - s'abstiennent de voter le plan proposé par Manuel Valls.

Le député Christian Paul ou l'aubryste Jean-Marc Germain, qui avaient clamé qu'ils voteraient contre, pourraient, par exemple, ne pas prendre part au vote. En revanche, la socialiste Karine Berger, à l'initiative des réserves publiquement émises, a expliqué mardi sur RMC qu'elle voterait finalement le texte, "conformément à la demande des militants de sa circonscription".

L'aile gauche du PS, comme Henri Emmanuelli, Pouria Amirshahi ou Jérôme Guedj, déjà récalcitrants à accorder leur confiance au Premier ministre, pourraient, eux, voter contre.

> EELV, FG: des positions floues

En ce qui concerne les autres familles de la gauche - Front de gauche, radicaux et écologistes - les positions ne sont pas clairement tranchées mise à part du côté des communistes qui voteront contre. Non-député mais très présent sur la question de ce vote, le co-président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon ne cesse de fustiger les propositions gouvernementales et appelle à une nouvelle organisation du rapport de force au sein de l'hémicycle. "Manuel Valls doit être mis en minorité", a-t-il appelé de ses voeux dimanche sur RTL.

Les mesures annoncées en faveur des petites retraites par exemple sont en revanche en mesure de convaincre les radicaux de gauche, partenaire du PS au gouvernement. "Cela devrait se passer à peu près correctement", a confié au Monde Roger-Gérard Schwartzenberg, leur chef de file au Palais Bourbon.

Chez les écologistes, aucune position commune n'a été arrêtée mais les possibilités oscillent encore mardi entre abstention et vote contre.

> L'opposition: l'UMP votera contre, mais...

L'UMP votera contre le pacte de responsabilité. "Je voterai contre, un vote contre assumé et responsable". Le député UMP François Baroin a répété, à titre personnel sur BFMTV, la position affiché par son camp. Le président Jean-François Copé juge, lui, les propositions du gouvernement "irresponsables". "C'est l'austérité sans les réformes", a regretté, de son côté, le sénateur Jean-Pierre Raffarin sur RTL quand François Fillon a prédit "l'échec" du plan.

Mais, la position prise par les ténors de l'opposition ne fait pas l'unanimité puisque des anciens ministres comme Frédéric Lefèbvre ou Benoist Apparu ont assuré qu'ils pourraient voter en faveur du plan proposé par Manuel Valls.

A titre personnel, le commissaire européen (encarté à l'UMP) Michel Barnier n'est pas hostile au plan Valls. Au contraire, "si le Premier ministre fait ce qu'il dit, pourquoi ne pas le suivre?", s'était-il interrogé sur BFMTV la semaine passée.

> Conditions remplies pour l'UDI?

L'UDI, orpheline de Jean-Louis Borloo, refuse pour sa part de fermer la porte au Premier ministre. Mais le parti a surenchéri en proposant 80 milliards d'euros d'économies.

Dimanche Yves Jégo a estimé dans le JDD que les propositions de limiter la dépense allaient dans "le bon sens" et ne "voit pas pourquoi l'UDI irait contre". Pour autant, il affirme que c'est aux députés de déterminer si les conditions posées par son camp sont remplies. Il est aussi envisagé chez les centristes de donner à Manuel Valls une "abstention d'encouragement".

Samuel Auffray