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Philippe de Villiers: "Je soutiens Nadine Morano"

Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, était jeudi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC.

Philippe de Villiers publie une série de portraits au vitriol, dans son livre Le moment est venu de dire ce que j'ai vu (Albin Michel). Invité jeudi matin sur BFMTV et RMC, le président du Mouvement pour la France (MPF) dit son "dégoût" de la classe politique. "Je ne veux pas que mon pays meure, et c'est pour ça que j'ai écrit ce livre". Pour Philippe de Villiers, la France est "en très grand danger". "Elle s'effondre de l'intérieur, elle devient une société multiculturelle, on apprend à l'école à haïr la France, (...) et elle est submergée de l'extérieur puisque nous sommes à la veille d'une véritable invasion migratoire".

Philippe de Villiers situe sa "rupture" avec "le système mondialiste" à la signature du traité européen de Maastricht; il affirme que ce qu'il a écrit à l'époque, il ne pourrait plus le publier aujourd'hui. "Regardez la pauvre Morano, pour un mot!" Philippe de Villiers juge "ridicule" la polémique après les propos de Nadine Morano sur "la race blanche". "On voit bien ce qu'elle a voulu dire. (...) La France, à l'origine, est un pays de race blanche. Aujourd'hui, la France n'est pas un pays de race blanche, elle est multi-ethnique, mais elle est uni-culturelle. (...) Si on lui tombe dessus aujourd'hui (sur Nadine Morano, Ndlr), c'est parce qu'il y a une préférence musulmane. Regardez ce qu'il se passe: l'accueil des migrants. On est en train de fabriquer un Kosovo islamique".

"Morano, je la soutiens"

Philippe de Villiers "soutient" Nadine Morano. "Je sais ce qu'elle a voulu dire, Morano. Elle n'a pas voulu dire qu'elle était raciste! Qu'est-ce qu'il faut dire? La France est un pays de race noire?" Le président du MPF croit voir une explication à cette polémique: "En fait , c'est la christianophobie!", autorisée selon lui. "La christianophobie est une opinion, on a le droit de profaner la croix du christ, mais l'islamophobie est un délit. Si moi je dis quelque chose sur l'islam, là dans un instant, je risque la prison".

Philippe de Villiers croit savoir comment la gauche est arrivée au pouvoir dans les années 80: "Pour aller chercher les électeurs, il sont allés chercher les immigrés. (...) Le seul recours aujourd'hui de Hollande et des bobos pour pouvoir gagner, c'est de pouvoir utiliser le vote des banlieues, et ça c'est un scandale parce que ça se fait sur le dos de la France", affirme l'ancien secrétaire d'Etat de Jacques Chirac.

Sarkozy, le "lapin tambour"

Dans son livre, Philippe de Villiers se souvient de ses années à l'ENA, grande école dont il est lui-même diplômé? "On nous donne un dossier, et on a 6 heures pour faire un décret. C'est l'idée qu'un jeune homme qui ne sait rien de la vie, qui n'a aucune expérience, il va réformer la société. Vous savez, comme Macron, terminé les notaires, terminé les taxis (sic)".

L'ENA, à ses yeux, "c'est une couveuse à têtes d'oeuf du politiquement correct, et ça donne Juppé et Fabius. Vous entrez à l'ENA avec 3.000 mots, vous sortez avec 30 mots", affirme Philippe de Villiers. Pourquoi y aurait-il échappé? "J'ai fait l'ENA buisonnière". Nicolas Sarkozy n'a pas fait l'ENA, mais Philippe de Villiers n'est pas plus tendre avec lui: il le surnomme "le lapin tambour Duracell". L'ancien responsable politique lui reproche sa versatilité, et affirme qu'"il est qatari", comprendre soumis aux intérêts du Qatar.

Il en serait de même, selon lui, pour l'ensemble de la classe politique française. Philippe de Villiers prend l'exemple de la Syrie: "L'ennemi numéro un pour tous les Occidentaux, c'est l'Etat islamique. Pour la France, l'ennemi numéro un, c'est Assad". Philippe de Villiers juge que "la classe politique française est en grande partie achetée par le Qatar et par l'Arabie Saoudite".