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Valls répond aux accusations de "trahison" et dénonce le "cynisme" du camp Hamon

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Photo d'illustration - Thomas Samson - AFP

L'ancien Premier ministre, qui a refusé de parrainer le candidat PS après son élimination de la primaire à gauche, s'explique dans une tribune parue dans le JDD.

Serait-ce un nouveau signe de rapprochement vers Emmanuel Macron? L'ancien Premier ministre, Manuel Valls, signe une tribune ce dimanche dans le Journal du Dimanche, où il répond aux accusations de "trahison", après son refus de parrainer Benoît Hamon.

"Quelle ne fut pas mon incrédulité quand certains, gardiens autoproclamés d'une pureté idéologique, ou d'autres, se revendiquant comme les seuls légataires de la gauche, ont voulu faire de cette cohérence une prétendue trahison", s'emporte-t-il.
"Que l'on m'explique! Quelle serait donc cette trahison qui consiste à refuser ce cynisme ambiant où l'on promet tout et son contraire, où l'on signe des chèques en bois, où l'on fait comme si le monde autour de nous n'existait pas? Quelle est donc cette trahison qui consiste à rester fidèle à ses idées et cohérent avec ses engagements?", fustige l'ex-Premier ministre.

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Critique à l'égard du programme Hamon

Si Manuel Valls estime qu'il a "scrupuleusement respecté la règle", en prenant du recul et en ne s'exprimant que pour l'intérêt du pays depuis sa défaite à la primaire, il éreinte désormais le programme du candidat PS.

"Comme beaucoup, je ne crois pas que l'avenir de la France passe par une sortie du nucléaire, par l'abandon des règles et des interdits - je pense bien sûr à la légalisation du cannabis -, par le dénigrement de cette valeur qu'est le travail, par une fuite en avant avec le gonflement de notre dette, qui n'est que la promesse de hausses d'impôts". "Faire croire tout cela, c'est trahir le passé de ma famille politique. C'est surtout livrer la France à ceux qui préparent le pire des avenirs", prévient-il.

"Défendre une position centrale"

"Dans ce contexte où notre pays peut basculer vers l'extrême droite, les progressistes et les républicains ont un immense devoir: assumer leurs convictions et défendre cette position centrale, équilibrée, responsable, civique, la seule capable de rassembler les Français", préconise Manuel Valls.

"Dans un monde incertain, instable, où la menace terroriste est prégnante, il faudra tenir le pays, se dépasser, oublier les vieux clivages", prévient-il.

Cette tribune marque une nouvelle distance avec Benoît Hamon. La date choisie n'est pas anodine: le candidat socialiste tient l'un de ses grands meetings de campagne ce dimanche à Bercy.

P. P. avec AFP