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Primaire à gauche: pourquoi n'y a-t-il pas de sondages?

Manuel Valls, ici en pleine campagne électorale à Strasbourg le 22 décembre, pourrait bénéficier d'une mobilisation réduite à la primaire PS.

Manuel Valls, ici en pleine campagne électorale à Strasbourg le 22 décembre, pourrait bénéficier d'une mobilisation réduite à la primaire PS. - Patrick Hertzog - AFP

Avec 2.000 bureaux de vote en moins par rapport à 2011, la primaire du PS devrait attirer moins d'électeurs que la précédente. Une participation restreinte qui pourrait profiter à Manuel Valls et Benoît Hamon.

Pour la primaire de la gauche, les candidats naviguent à vue. Car pour l'instant, la plupart des grands quotidiens nationaux n'ont pas prévu de commander de sondages, contrairement à la primaire de la droite. Vincent Peillon, candidat depuis à peine un mois, n'a ainsi toujours pas été testé dans les études d'opinion.

La faute à un calendrier complexe: les dates du scrutin de la Belle alliance populaire ont été fixées après le calendrier de la primaire de la droite. Résultat: la campagne est très courte, et les instituts de sondage manquent de temps pour interroger les électeurs. Ces derniers n'ont d'ailleurs pas toujours identifié les candidats en lice – la liste définitive n'ayant été publiée que le 17 décembre 2016.

Une campagne éclair qui n'annonce donc pas une participation très importante. Christophe Borgel, responsable du scrutin au PS, espère attirer au moins 1,5 million de votants. Ce sera forcément moins bien que les 4,4 millions d'électeurs de la droite, et moins bien aussi que la première primaire du PS en 2011, qui avait attiré 2,6 millions de votants. Mais les organisateurs espèrent qu'elle sera suffisante pour couvrir les frais d'organisation et apporter aux candidats une légitimité réelle.

Le PS craint-il une mobilisation anti-Hollande?

La participation influera sur le reste du scrutin. Mais le PS marche sur des oeufs: car une participation accrue pourrait faire craindre une mobilisation anti-Hollande, dont le candidat Manuel Valls serait le premier à pâtir. 

"Le PS a intérêt à ce que la primaire soit assez ouverte pour être représentative. Mais pas trop non plus car Manuel Valls serait inévitablement battu", explique à L'Opinion Gérard Filoche, évincé de la compétition à cause de son trop petit nombre de parrainages. Une participation restreinte pourrait donc s'annoncer comme un signe positif pour l'ancien Premier ministre.

Mais derrière lui, Benoît Hamon se tient prêt. Et lui aussi pourrait bénéficier d'une mobilisation réduite, "grâce à son implantation solide au sein du parti", analyse Yves-Marie Cann, de l'institut Elabe, toujours dans l'Opinion. Le député des Yvelines peut se targuer de soutiens au sein du PS, mais aussi du ralliement de certaines personnalités, comme l'ancien syndicaliste de Florange Edouard Martin, ou encore l'ancien ministre de l'Ecologie Philippe Martin.

Hamon mise sur l'électorat jeune et urbain

Face au petit nombre de bureaux de vote – 8.000, soit 2.000 de moins qu'en 2011 – ses équipes se concentrent notamment sur l'électorat jeune et urbain. Pour cela, Benoît Hamon s'appuie notamment sur les réseaux des jeunes socialistes, et distille dans son programme des propositions susceptibles de séduire les jeunes actifs.

Les candidats en viendront-ils à pourrir le climat de la campagne pour éviter une trop forte mobilisation? Une chose est sûre, le fait de ressortir de vieux dossiers sur les uns et les autres – comme l'affaire des 80.000 euros de cotisations d'Arnaud Montebourg – risque d'éloigner les électeurs des urnes. Reste à voir désormais comment se passeront les débats télévisés: le premier aura lieu le 12 janvier prochain. Le nombre de téléspectateurs sera un premier signe de l'intérêt des électeurs.

dossier :

Benoît Hamon

Ariane Kujawski