BFMTV

PMA à l'étranger: gynécologues sanctionnés en cas de rémunération

La ministre du Droit des femmes Najat Vallaud-Belkacem au micro de France Infor mardi matin.

La ministre du Droit des femmes Najat Vallaud-Belkacem au micro de France Infor mardi matin. - -

Les gynécologues conseillant à leurs patientes des établissements à l'étranger pour une procréation médicalement assistée risques des sanctions en cas de rémunération.

"Attention, les gynécologues sont menacés de sanctions s'ils orientent leurs patientes à l'étranger pour pratiquer la PMA contre rémunération, c'est bien cela, le sujet, en réalité".

La ministre des Droits des Femmes Najat Vallaud-Belkacem a évoqué mardi sur France Info l’existence d’une circulaire détaillée par le Parisien-Aujourd'hui en France, rappelant que de telles pratiques sont punissables.

"Certains profitent de la souffrance de ces femmes qui, en effet, souhaiteraient pouvoir faire famille" et "ne peuvent pas le faire en France", a expliqué la porte-parole du gouvernement.


Mariage pour tous: Vallaud-Belkacem dénonce des... par FranceInfo

"Une pratique ultra-minoritaire insupportable"

Parmi les cliniques pratiquant la procréation médicalement assistée en Belgique ou en Espagne, "certaines opèrent très bien, mais d'autres le font dans des conditions parfois assez louches" et "pour attirer de la clientèle française, rémunèrent des médecins français qui se font les intermédiaires", a déploré la ministre.

Cette pratique "qui consiste à contourner la loi française contre rémunération, de la part des médecins, lorsqu'elle existe - elle est ultra-minoritaire - est insupportable, condamnable", a-t-elle insisté.

Des gynécologues "surpris" par ces propos

Une annonce qui a reçu un accueil mitigé de la part de gynécologues de renoms. La présidente de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale (FNCGM) Michèle Scheffler s’est déclarée "très surprise".

"J'ai des patientes qui ont eu une chimiothérapie (ayant entraîné une stérilité, ndlr) et qui vont à l'étranger pour bénéficier d'un don d'ovocytes. En France, les délais sont très longs (...) il n'y a pas d'autres choix et pour ces cas, la Sécurité sociale accepte de rembourser les frais engagés", explique cette gynécologue exerçant à Nancy.

"Je n'ai jamais entendu parler" de rémunération pour un praticien adressant une patiente à l'étranger, a assuré le Dr Michèle Scheffler.

En cause : le problème du "don d'ovocytes"

Pour cette spécialiste, "il faut que les lois sur les dons d'ovocytes évoluent rapidement pour qu'en France on puisse avoir plus de donneuses et qu'on ne soit plus obligé d'envoyer des patientes à l'étranger."

En France, les dons d'ovocytes et de sperme sont anonymes et gratuits, ce qui n'est généralement pas le cas ailleurs en Europe.

Le spécialiste François Olivennes indique dans les colonnes du Parisien être "interloqué" par les menaces de sanctions et souligne qu'il faut "traiter le problème majeur du don d'ovocytes en France."

"On manque de donneuses parce que nous ne souhaitons pas les rémunérer", indique-t-il. "Après des années d'attente d'enfants, les couples sont tentés par ce tourisme procréatif" ajoute ce spécialiste de la PMA qui appelle à "ouvrir" le débat sur la question.

C.P. avec AFP