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Martine Aubry plaide pour un "plan de reconstruction écologique" de 50 milliards par an

Martine Aubry lors d'une conférence de presse à Lille le 1er février 2020

Martine Aubry lors d'une conférence de presse à Lille le 1er février 2020 - DENIS CHARLET / AFP

Dans les colonnes du JDD, la maire PS de Lille dévoile ses pistes pour l'après-Covid. Elle appelle notamment à "réaliser en dix ans ce que nous avions prévu de faire en trente" dans le domaine de l'écologie.

La maire PS de Lille Martine Aubry plaide, face à la crise consécutive à l'épidémie de Covid-19, pour un "plan de reconstruction écologique" de 50 milliards d'euros par an, dans une tribune publiée dans Le Journal du Dimanche.

"Sauver nos entreprises et nos emplois, voilà la priorité des priorités", insiste l'ancienne ministre de l'Emploi et de la Solidarité, mais si le plan de relance "repose sur les recettes d'avant, les crises reprendront comme avant, tôt ou tard".

C'est pourquoi, à ses yeux, "la deuxième priorité immédiate est l'investissement dans la transition énergétique".

"Nous devons nous engager résolument pour atteindre (une société bas carbone) avant 2050. Je rêve d’une France en effervescence: rénovation des logements, transports collectifs, fret ferroviaire, centrales solaires et thermiques, recyclage des produits, agriculture bio et locale…", souligne Martine Aubry, en lice pour le second tour des élections municipales le 28 juin.

"Un doublement de l’effort pour le climat"

"Réalisons en dix ans ce que nous avions prévu de faire en trente. Les dépenses publiques qui réduisent la dette écologique sont assurément indispensables. Ici, les collectivités locales ont un rôle essentiel à jouer. Dans quelques jours, les nouveaux conseils municipaux vont se mettre en place; leurs cartons sont pleins de projets pour transformer nos modes de production, de consommation, d’échange… qui vont buter sur leurs finances, éprouvées par le Covid"-19, ajoute-t-elle.

La maire de Lille propose donc "le lancement par l'État, dès septembre, d’un appel à projets de reconstruction écologique pour un montant de 50 milliards d’euros par an, les projets des collectivités retenus bénéficiant d’un apport financier de l’État de 80%".

Ce "doublement de l’effort pour le climat" est "jugé nécessaire par les experts pour atteindre la neutralité carbone". "Il faut le financer par l’emprunt, qui est un investissement et non une dette lorsqu’il finance un actif", argue-t-elle.

Et, selon Martine Aubry, les dépenses écologiques ne doivent "pas être prises en compte dans la réduction des déficits au niveau européen". "Arrêtons de nous abriter derrière les blocages, constituons une avant-garde avec tous ceux qui veulent porter cette nouvelle Europe".