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Loi Travail: pour Martine Aubry, le recours au 49.3 n'était "pas acceptable"

Emmanuel Macron à Oradour-sur-Glane.

Emmanuel Macron à Oradour-sur-Glane. - Capture BFMTV.

La maire de Lille, dont les proches n'ont pas signé la motion de censure proposée par la gauche, a exprimé vendredi son opposition au recours du 49.3.

Au lendemain de l'adoption de la loi El Khomri en première lecture, grâce au 49.3, Martine Aubry sort de sa réserve dans une lettre adressée vendredi aux militants PS de la fédération du Nord. La maire de Lille estime dans ce courrier que le recours au 49.3 n'était "pas acceptable". Selon elle, il était possible de parvenir "à un accord collectif" pendant le débat à l'Assemblée pour faire adopter le projet de loi travail :

"C'est pour ce faire que plusieurs parlementaires ont fait des propositions d'amendements (...). Ces propositions, ils les ont faites jusqu'au dernier moment. Il était donc possible de trouver une majorité parlementaire de gauche. Le choix d'utiliser l'article 49-3 n'est pas, dans ce contexte, acceptable. Il prive le Parlement du nécessaire débat démocratique auquel les Français avaient droit".

"Faire renaître l'espoir à gauche"

Ces déclarations étaient très attendues à gauche. Martine Aubry est souvent citée comme incarnant une alternative de gauche à l'orientation prise par le gouvernement. Ce qui explique d'autant plus l'incompréhension des frondeurs devant le refus de ses partisans de signer la motion de censure des gauches.

La maire de Lille est donc revenue sur cette décision, se plaçant sur la même ligne qu'un François Lamy, qui expliquait le 11 mai sur Twitter sa défiance envers la motion. "Le premier Ministre divise et affaiblit suffisamment la gauche", écrivait-il. Pour Martine Aubry aussi, cette motion n'aurait fait qu'aggraver les choses : "Elle n'aurait pas empêché l'adoption de la loi, chacun le sait. En revanche, elle aurait renforcé la droite et, surtout, elle aurait sans doute provoqué une scission de notre parti", estime-t-elle. En conclusion de sa lettre, Martine Aubry appelle donc à l'unité, qui est pour elle la seule solution :

"Rester dans notre parti, y travailler et débattre pour faire renaître l'espoir à gauche. Nous sommes nombreux à la souhaiter. Il faut s'y atteler. Ce combat est aussi le vôtre".

C.V. avec AFP