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Julien Dray sur la déchéance de nationalité: "On se calme !"

Julien Dray, conseiller régional PS en Ile-de-France, était jeudi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC.

Invité jeudi matin sur BFMTV et RMC, Julien Dray se dit "agacé" et même "énervé" par le débat sur la déchéance de nationalité. "Au départ, on a le président de la République qui le 16 novembre dit ce que tout le monde partage: 'celui qui s'attaque à la société française, il s'en exclut, quelles que soient ses origines'. Donc on cherche une mesure forte qui exprime symboliquement cela. Donc on cherche la bonne mesure mais il n'y a pas besoin de cet excès de passions".

"Je suis favorable à une mesure qui rassemble le peuple français. Le danger c'est que si on fait une mesure qui puisse un jour remettre en cause le droit du sol, ce sera une mauvaise loi. Donc il faut trouver une loi qui permette une forme d'indignité nationale. On va trouver la bonne formule" mais "on se calme!", martèle Julien Dray à deux reprises. "On arrête d'avoir une surenchère" sur la déchéance de nationalité, alors que certains responsables politiques, comme Valérie Pécresse mercredi matin sur BFMTV et RMC, appellent à étendre la possibilité de cette sanction à tous les Français, au-delà des seuls binationaux. Mercredi soir sur BFMTV, Manuel Valls s'est dit hostile à cette idée: "Nous ne ferons pas d'apatrides".

"Cette mesure (la déchéance de nationalité, Ndlr) devait rassembler les Français, et on a l'impression qu'elle va les diviser encore plus. C'est ubuesque". Autrement dit, répète Julien Dray, "il faut trouver une formule qui permette de rassembler, une forme de déchéance de citoyenneté, d'indignité". En tout cas, "la sérénité est le meilleur moyen de lutter contre le terrorisme".

Macron, "une fraîcheur"

Emmanuel Macron? "C'est une fraîcheur dans la vie politique", assure Julien Dray, revenant sur le mea culpa du jeune ministre de l'Economie dans sa lutte contre le chômage. Emmanuel Macron assure que tout n'a pas été fait pour l'emploi et regrette de n'avoir pas réagi plus vite et avec plus d'audace. Un jugement que "partage" Julien Dray. "Sa manière est plutôt honnête. Il dit 'on n'a pas tout fait, il faut faire plus', pourquoi? Parce que la question clé, c'est la question du choc emploi dans l'année 2016".

"C'est une interpellation à ma propre famille politique", prévient Julien Dray. "Il faut que la gauche se projette dans le 21e siècle, dans le monde connecté. Il ne faut pas qu'elle soit dans la nostalgie d'un monde passé. Oui, il faut défendre un modèle social, mais s'il ne fait que protéger ceux qui sont dans le système et qu'il ne donne pas sa chance à ceux qui sont hors du modèle social, ce n'est plus un modèle progressiste. (...) Si rien ne bouge, l'élection présidentielle sera dramatique", prévient le conseiller régional PS. "C'est un tournant".