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EDITO - "Il n'est pas acquis que le PS survive aux prochaines élections"

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LE BAROMETRE DES EDITORIALISTES - Les éditorialistes de BFMTV analysent le soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron dans la course à l'Elysée, annoncé ce mercredi matin sur BFMTV et RMC.
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> Christophe Barbier: "Une divergence de fond qui permet à Valls de trahir sa parole"

"Le moteur de la vengeance brûlait les doigts de Manuel Valls. Benoît Hamon a essayé de faire tomber son gouvernement, Manuel Valls essaie de faire tomber sa candidature. Il profite d'un moment de faiblesse pour lui porter l'estocade. Ensuite, il y a une divergence de fond, plus profonde, qui permet à Manuel Valls de trahir sa parole avec des arguments: la campagne de Benoît Hamon est allée beaucoup plus à gauche que ce qui était prévu par La Belle Alliance populaire, et est allée sur des terrains de négociations avec les Verts et avec Jean-Luc Mélenchon qui 'dédouanent' Manuel Valls de sa parole". 

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> Laurent Neumann: "Les deux gauches irréconciliables sont à l'intérieur du PS"

"On peut faire beaucoup de reproches à Manuel Valls, lui mettre sous les yeux la charte qu'il a signée, mais on ne peut pas lui faire le reproche de la cohérence. Il considère que Marine Le Pen est sous-estimée, qu'elle peut gagner, quel que soit son adversaire. Manuel Valls ne fait pas un choix de coeur, il fait un choix de raison.

Ce qui s'est passé ce matin peut être résumé en une phrase: la primaire n'a pas réconcilié les deux gauches irréconciliables, concept théorisé par Manuel Valls. On pensait qu'elles étaient à l'extérieur du PS, non elles sont à l'intérieur. Ce n'est pas la première fois qu'on annonce la mort du PS, mais jusqu'alors, ceux qui en étaient partie prenante sauvaient les apparences. Là, on voit mal comment ces gens-là pourraient encore vivre à l'intérieur d'une même famille politique. Tout, les sépare, absolument tout" . 

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> Thierry Arnaud: "On assiste à la mort du Parti socialiste tel qu'il a été produit par le Congrès d'Epinay"

"Pour Manuel Valls, il n'y a pas de candidat de la gauche gouvernementale. Il y a d'un côté Emmanuel Macron, qui est un candidat progressiste, et de l'autre Benoît Hamon, qui à ses yeux incarne une gauche irresponsable. Il s'interroge sur la suite: comment gère-t-on le rôle de la gauche sociale-démocrate qu'il incarne, une fois la présidentielle passée? Il considère que dans l'hypothèse d'une victoire d'Emmanuel Macron, celui-ci aura besoin de lui. C'est ce message qu'il veut faire passer.

On assiste aujourd'hui à la mort du Parti socialiste tel qu'il a été produit par le Congrès d'Epinay en 1971, avec ces différences qui existaient déjà, qui avaient suscité de multiples débats et conflits au sein du parti, mais qui n'avaient jamais été jusqu'à menacer l'existence du PS. Il n'est pas acquis que le parti survive aux prochaines élections, et s'il survit, cela n'aura rien à voir avec le PS d'aujourd'hui. Il faut rappeler que Benoît Hamon a gagné la primaire de façon incontestable, mais pas grâce aux militants PS. Il a gagné la primaire grâce au reste de la gauche, plus radicale". 

A.S.