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Retraites, déplacements, immbolier: les dépenses de l'Assemblée explosent

Le texte devrait être adopté définitivement à l'Assemblée nationale le 10 octobre, après une ultime lecture au Sénat

Le texte devrait être adopté définitivement à l'Assemblée nationale le 10 octobre, après une ultime lecture au Sénat - Eric Feferberg - AFP

Un document pointe l'augmentation des dépenses au Palais Bourbon, dues notamment à la réforme des retraites des députés mais aussi à leurs frais de fonctionnement en hausse.

L'Assemblée est-elle trop dépensière? Selon un document consulté par Le Parisien, les dépenses du Palais Bourbon ont dépassé les prévisions pour 2019. Il va donc devoir puiser dans ses réserves près de 47 millions d'euros – sur 318 millions d'euros au total – au lieu des 28,4 millions prévus à la fin 2017. "Les charges prévisionnelles de l’exercice 2019 sont supérieures à la dotation de l’Etat et aux recettes propres de l’Assemblée", pointe le document. 

Plusieurs éléments sont en cause: d'abord l'acquisition de l'hôtel de Broglie en 2016, pour un montant de 63 millions d'euros. Des bureaux-couchettes et des espaces de travail doivent y être aménagés pour les députés et leurs collaborateurs. Le bureau de l'Assemblée avait voté à une quasi-unanimité en faveur de l'acquisition, contre l'avis du premier questeur LaREM Florian Bachelier. François de Rugy, alors président de l'Assemblée, s'était exprimé en faveur de l'achat, vantant "une bonne affaire" pour ce lieu de 7000 mètres carrés.

Des dépenses "nécessaires"

L'autre dépense montrée du doigt par le document est liée aux retraites des élus: elles devraient augmenter l'an prochain de plus de 11% par rapport au budget initial de 2018, en raison du renouvellement des députés aux dernières législatives. Et même si leur régime de retraites est désormais aligné sur celui des salariés, cela n'empêche pas les effets pervers: la baisse des pensions ne touchera que les futurs retraités, tandis que la réduction de l'assiette des cotisations est déjà entrée en vigueur: de quoi encore creuser le déficit.

Enfin, les "autres charges" de l'Assemblée – frais de comptabilité, de taxi, de téléphone ou d'équipements numériques – sont aussi désignées comme responsables de ce déficit: entre le budget initial de 2018 et celui de 2019, elles augmentent de 160%. Des dépenses que Florian Bachelier, contacté par Le Parisien, "assume totalement" car elles sont "nécessaires à la modernisation" de l'Assemblée. "Elles se substituent à des frais de papier ou de photocopies", ajoute-t-il. Mais il le répète: en matière de finances, "l'Assemblée doit montrer l'exemple".

Ariane Kujawski