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Quand une députée UMP copie-colle Wikipédia pour sa proposition de loi

La députée chargée de déposer le dossier s'est servie de l'encyclopédie en ligne pour l'historique du génocide.

La députée chargée de déposer le dossier s'est servie de l'encyclopédie en ligne pour l'historique du génocide. - Jacques Demarthon - AFP

La députée Valérie Boyer, élue UMP des Bouches-du-Rhône, a présenté une proposition de loi visant à reconnaître le génocide assyrien de 1915. Pour une partie du texte, la députée assume avoir utilisé un extrait de Wikipédia, sur une dizaine de paragraphes, "après l'avoir fait vérifié par des professeurs spécialisés".

La proposition de loi démarre avec un raté. Pour son texte sur le génocide assyrien de 1915, Valérie Boyer se fait épingler. Une dizaine de paragraphes du texte, présenté par la députée UMP des Bouches-du-Rhône, est un copié-collé de l'article Wikipédia sur le sujet.

Comme le relève le collaborateur parlementaire écologiste Pierre Januel sur Twitter, le rédacteur du texte n'a pas pris la peine d'enlever les liens hypertexte de la proposition, qui renvoient donc vers d'autres articles de l'encyclopédie en ligne. Une manière un peu grossière qui met en évidence un copié-collé plus long.

Un extrait "vérifié par des professeurs spécialisés"

Contactée par BFMTV.com, la députée admet avoir utilisé l'encyclopédie participative comme texte de base, mais affirme avoir "fait vérifier l'extrait par des professeurs spécialisés", à savoir Alain Cabras, maître de conférence à Sciences-Po Aix. Ce dernier aurait validé toutes les informations disponibles dans le texte.

Son entourage explique également ce copié-collé par la difficulté à trouver en ligne des explication sur le sujet. "Il y a très peu d'informations sur le génocide et nous ne sommes pas spécialistes, plutôt que d'inventer des informations, nous avons fait vérifier celles que nous avions par un spécialiste. Nous n'aurions jamais publié un texte pas vérifié", justifie un proche. 

Sur le fond, Valérie Boyer est une parlementaire en pointe sur ces questions. Elle s'est déjà illustrée avec un texte sur la négation du génocide arménien en 2011, qui lui avait valu des menaces de mort. Mais l'élue des Bouches-du-Rhône se distingue parfois aussi pour d'autres combats, plus singuliers, comme la suppression des timbres inspirés d'une des Femen ou contre les "seins à louer".