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Prostitution: les abolitionnistes saluent un vote "historique"

Najat Vallaud-Belkacem à l'Assemblée nationale le 4 décembre 2013.

Najat Vallaud-Belkacem à l'Assemblée nationale le 4 décembre 2013. - -

Les députés ont adopté mercredi la proposition de loi visant à sanctionner les clients de prostituées.

Les associations prônant l'abolition de la prostitution ont salué mercredi le vote par les députés de la proposition de loi visant à sanctionner les clients de prostituées, en évoquant une décision "historique" qu'elles espèrent voir réitérer au Sénat.

Les députés ont adopté mercredi cette proposition de loi par une majorité de 268 voix contre 138, 79 d'entre eux s'abstenant.

"La prostitution telle qu'elle est et pas telle qu'on la rêve"

Merci d'avoir accepté de regarder la prostitution telle qu'elle est et pas telle qu'on la rêve #pplprostitution
— Najat Belkacem (@najatvb) 4 Décembre 2013

La ministre du droit des Femmes, Najat Vallaud Belkacem a tenu à remercier "tous ceux qui ont apporté leur contribution", à l'issue du vote.

"Le chemin a été long (...) il a été semé d'embûches", a déclaré la porte-parole du gouvernement. "Je vous remercie d'avoir cru à ce texte, de n'avoir pas cru à la fatalité. Je vous remercie d'avoir accepté de regarder la prostitution telle qu'elle est et pas telle qu'on la rêve", a-t-elle précisé au micro de l'Assemblée.

"Un signal fort"

"Les député(e)s ont décidé une avancée historique: la France s'engage aux côtés des personnes prostituées, contre ceux qui exploitent leur vulnérabilité", se félicite dans un communiqué le Mouvement du Nid.

Saluant "le vote d'une loi historique", l'association Osez le féminisme! souligne notamment que "les personnes prostituées étrangères doivent accéder à un titre de séjour plus étendu et sans discrétion du préfet".

"L'Assemblée nationale envoie un signal fort en France, en Europe et au monde", a estimé de son côté le Haut conseil à l'égalité femmes-hommes.

"Inapplicable et dangereux"

Mais pour Aides, ce texte "est en l'état inapplicable et dangereux". "La pénalisation de la prostitution, sous quelque forme que ce soit, précarise les prostitu(e)és et les expose à des risques sanitaires accrus", insiste l'association.

"On est déçus que les parlementaires n'aient pas intégré l'idée que cette proposition de loi contient certes des volets intéressants, mais que la pénalisation du client aura un effet contreproductif", a déclaré Jean-François Corty, directeur des missions France à Médecins du Monde.

A.D. avec AFP