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Monsieur Ayrault, y a-t-il un pilote dans l'avion ?

Jean-Marc Ayrault a été pris à partie par Christian Jacob pendant les questions au gouvernement, à l'Assemblée, mardi.

Jean-Marc Ayrault a été pris à partie par Christian Jacob pendant les questions au gouvernement, à l'Assemblée, mardi. - -

L'ambiance était particulièrement houleuse, mardi à l'Assemblée nationale où le Premier ministre a été chahuté.

La séance des questions au gouvernement, mardi à l'Assemblée nationale, s'est déroulée dans une atmosphère électrique. L'opposition a en effet multiplié les attaques contre le gouvernement, à tel point que le président de l'Assemblée, Claude Bartolone (PS) a menacé de suspendre la séance.

Jacob : Y a-t-il un "pilote dans l'avion ?"

Le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a ouvert le feu en demandant au Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'il y avait "encore un pilote dans l'avion", sous la protestation des socialistes qui ont alors fait une ovation debout au Premier ministre, avant même qu'il ne commence à répondre. De leur côté, les députés de droite ont commencé à scander "démission, démission", à l'intention de Jean-Marc Ayrault.


Ayrault : "Je ne suis pas Premier ministre par hasard"

"Je ne me sens pas du tout insulté par vos formules", a lancé Jean-Marc Ayrault, répliquant à Christian Jacob.

"Je connais la difficulté de la tâche", celle du "redressement pour la France", a-t-il poursuivi, "je savais que ce serait difficile. Mais vous vous n'avez pas de leçon à nous donner". "Chacun sait que vous êtes là, dans l'opposition, pas par hasard. Moi je ne suis pas Premier ministre par hasard, je suis Premier ministre parce que j'ai la confiance du président et de la majorité. Vous, vous avez été sanctionnés par le peuple français!", a-t-il lancé.


Bertrand interpelle Peillon

Le ton est monté d'un cran lorsque Xavier Bertrand a interpellé, au nom de l'UMP, le Premier ministre sur les déclarations du ministre de l'Education Vincent Peillon sur la dépénalisation du cannabis.


Si seulement certains députés UMP se sont levés pour applaudir leur collègue, tous ont couvert par leurs huées la voix de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, furieux que ce soit elle, et non le chef du gouvernement ou Vincent Peillon qui leur réponde. En réaction, les socialistes se sont alors de nouveau tous levés pour applaudir la garde des Sceaux.


"Je rappelle que le gouvernement choisit le ministre qui répond", a alors lancé Claude Bartolone, qui a menacé : "si les choses devaient continuer comme ça, je suspendrais la séance".

La tension est ensuite un peu retombée, mais la droite et le centre, en l'absence de Jean-Marc Ayrault durant la dernière partie du débat, ont continué à multiplier les questions sur "le matraquage fiscal" des ménages ou des entreprises ou "les couacs" au sein du gouvernement.