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Les mannequins trop maigres bannis des podiums par l'Assemblée

L'Assemblée nationale a voté vendredi l'interdiction du recours à des mannequins trop maigres et dénutris, afin de lutter contre l'anorexie.

L'Assemblée nationale a voté vendredi l'interdiction du recours à des mannequins trop maigres et dénutris, afin de lutter contre l'anorexie. - Christophe Simon - AFP

Les députés ont adopté l'amendement du député PS Olivier Véran, visant à interdire le recours à des mannequins trop maigres et dénutris. Objectif: lutter contre l'anorexie.

Rejeté à l'Assemblée le 19 mars dernier, l'amendement du député Olivier Véran sur les mannequins anorexiques a finalement été adopté vendredi matin. "L'exercice d'une activité de mannequin est interdit à toute personne dont l'indice de masse corporelle (...) est inférieur à des niveaux définis, sur proposition de la Haute Autorité de santé, par arrêté des ministres chargés de la santé et du travail", stipule l'amendement. L'indice de masse corporelle (IMC) se calcule en divisant le poids par la taille au carré. Un IMC considéré comme normal se situe entre 18 et 25.

Le fait, pour toute personne qui exploite une agence de mannequins ou qui s'assure moyennant rémunération le concours d'un mannequin, de ne pas "veiller au respect de l'interdiction" sera puni d'un emprisonnement de six mois et d'une amende de 75.000 euros, ajoute-t-il.

Une discrimination à l'embauche?

Le but de la manoeuvre: lutter contre l'anorexie. "La perspective de cette sanction aura un effet régulateur sur l'ensemble du secteur", a estimé Olivier Véran, selon lequel l'Espagne, l'Italie et Israël ont pris des mesures similaires. "C'est un amendement de protection, qui va permettre de sanctionner de façon sévère les agences si jamais elles étaient amenées à provoquer un amaigrissement excessif, et à mettre en danger les mannequins une fois qu'elles sont sous contrat", a-t-il précisé sur BFMTV.

L'amendement, auquel se sont opposés les députés UMP et UDI, avait reçu un avis favorable de Marisol Touraine. La ministre de la Santé jugeait "préoccupante" la présence de mannequins extrêmement maigres.

Lors de son examen le 19 mars, le texte avait été rejeté au motif qu'une telle interdiction reviendrait à exercer une discrimination à l'embauche. "Nous allons le retravailler et le présenter dans l'hémicycle", avait promis Catherine Coutelle, qui avait cosigné le texte.

A. K. avec AFP