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Le Sénat vote la suspension des allocations familiales pour les parents d'élèves absentéistes

Le sénateur LR Bruno Retailleau dans la cour de l'Elysée, le 5 février 2019

Le sénateur LR Bruno Retailleau dans la cour de l'Elysée, le 5 février 2019 - LUDOVIC MARIN / AFP

Contre l'avis du gouvernement, la majorité sénatoriale a voté, mardi 14 mai dans la soirée, un amendement déposé par Bruno Retailleau, qui vise à lutter contre l'absentéisme scolaire en suspendant les allocations familiales des parents d'élèves.

Une mesure "plus dissuasive que punitive" qui ne fait pas l'unanimité au sein de la classe politique française. Mardi 14 mai, le Sénat a entamé l'examen du projet de loi "Pour une école de confiance" défendu par le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer et a notamment voté un amendement déposé par le chef de file des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau.

Destiné à lutter contre l'absentéisme scolaire, cet amendement prévoit de suspendre les allocations familiales des parents des élèves concernés. Il vise à instaurer un "contrat de responsabilité parentale" entre les parents d’un élève absentéiste et l'établissement dans lequel il est scolarisé. En cas de récidive sur "au moins quatre demi-journées sur un mois" et "en l’absence de motif légitime ou d’excuses valables", l’Education nationale pourrait demander "la suspension du versement de la part des allocations familiales dues au titre de l’enfant en cause", rapporte Le Monde.

"Un amendement dangereux"

Une mesure qui n'a ni les faveurs du gouvernement ni celles de la majorité La République en marche à l'Assemblée. A gauche, on fustige un procédé "injuste" qui risque d'aggraver la fracture sociale. "On ne frappe pas au portefeuille des familles qui sont souvent les plus en difficulté", a ainsi réclamé Samia Ghali, sénatrice PS des Bouches-du-Rhône, qui dénonce "un amendement dangereux".

Le Sénat se prononcera mardi 21 mai par un vote solennel sur l’ensemble du texte, déjà adopté en première lecture par l’Assemblée nationale. Il est toutefois peu probable que la suspension des allocations familiales pour les parents d'élèves absentéistes figure dans la version finale du texte, qui doit passer devant une commission mixte paritaire.

Mélanie Rostagnat