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Le groupe LaREM lance une application censée suivre la mise en œuvre des réformes

L'Assemblée nationale

L'Assemblée nationale - photo d'illustration - AFP

À l'instar de ce qui a cours au gouvernement, les cadres de la majorité entendent s'assurer que les réformes votées au Parlement s'appliquent correctement dans les territoires. Histoire d'avoir des éléments concrets à leur disposition pour défendre leur bilan auprès des électeurs.

Rien que le nom laisse entendre que, dans l'esprit de certains cadres de la majorité, la dernière ligne droite est entamée. Il s'agit, d'ici la fin de la législature, de pouvoir se faire une idée concrète de la manière dont s'appliquent sur le terrain les textes votés au Parlement. Et, surtout, de pouvoir en faire usage le moment venu. En amont de la campagne présidentielle, par exemple. 

Pour ce faire, comme le révélait Le Figaro dimanche, les députés La République en marche vont se doter d'une application numérique intitulée "KM0". Comprendre, "suivi des réformes sur le dernier kilomètre".

Un système similaire avait été mis en place pour les membres du gouvernement en septembre dernier. Ce "tableau de bord de la transformation publique" vise à illustrer l'avancée des réformes que chaque ministre a dans son périmètre. Celui des parlementaires LaREM a été dévoilé ce lundi à l'occasion du séminaire de rentrée du groupe à l'Assemblée nationale. 

"Promouvoir notre action sur le terrain"

L'objectif est ainsi de permettre aux députés d'afficher, sur leur smartphone ou à partir de l'intranet du groupe, les effets chiffrés de telle ou telle réforme. Avec, in fine, la possibilité d'avoir ces éléments à portée de main, notamment pour en faire usage auprès des électeurs sur le terrain. L'application puise essentiellement dans les métadonnées provenant des ministères concernés ou de l'Insee. 

L'application KM0 permet d'avoir à portée de main les résultats chiffrés de certaines mesures votées par LaREM
L'application KM0 permet d'avoir à portée de main les résultats chiffrés de certaines mesures votées par LaREM © Captures d'écran / KM0

À l'instar de l'exécutif, la majorité cherche à rendre plus tangible une action politique jugée lente et déconnectée des territoires. Testée sur une vingtaine de mesures phares, comme le dédoublement des classes en réseau d'éducation prioritaire, l'application doit inclure une centaine de réformes d'ici l'été. 

"Ce n'est pas une fin en soi"

Une trentaine d'élus "ambassadeurs" est censée garder la haute main sur l'outil et centraliser les données ainsi recueillies, notamment auprès de conseillers ministériels qui s'occupent, justement, du suivi de la mise en œuvre des réformes. Les données, elles, sont par ailleurs croisées avec les résultats électoraux dans telle ou telle circonscription, ainsi que des données sociodémographiques plus pointues.

Dans Le Figaro, la députée LaREM Marie Lebec décrit une application qui "vise à promouvoir notre action sur le terrain, à vérifier que ce qui a été adopté infuse bien dans les territoires, que ce qu’on a voté est bien mis en œuvre".

"C'est un outil complémentaire", tempère l'un de ses collègues en vue de la majorité. "Ce n'est pas une fin en soi. Il s'agit avant tout de montrer que notre politique a du sens", poursuit-il. Et l'élu de se montrer dubitatif quant aux effets bénéfiques de KM0 lors des prochaines élections.

En cette seconde phase de quinquennat, l'agenda législatif s'annonce moins chargé que celui de la première. D'où l'empressement à capitaliser sur ce qui est déjà entré en vigueur. 

Après la réforme des retraites doivent suivre - au-delà des projets de loi de finance - plusieurs dossiers importants: la traduction en loi(s) des travaux de la Convention citoyenne sur le climat; le texte sur la dépendance; celui sur l'aide au développement; la réforme de l'audiovisuel public; et, certains marcheurs se prennent encore à l'espérer, la réforme des institutions. Ou, du moins, son volet organique, qui comporte une réduction du nombre de parlementaires. Un changement qui bute sur l'opposition du Sénat, avec qui l'exécutif entretient désormais des relations glaciales

Jules Pecnard