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L'état d'urgence prolongé jusqu'au 26 mai

Nathalie Kosciusko-Morizet est en difficulté sur l'ancienne circonscription de François Fillon à Paris.

Nathalie Kosciusko-Morizet est en difficulté sur l'ancienne circonscription de François Fillon à Paris. - Christophe Archambault - AFP

Les députés ont décidé mardi soir de prolonger l’état d’urgence de trois mois supplémentaires par 212 voix contre 31. Le vote est toutefois moins massif que le 19 novembre dernier lors d'une première prolongation de trois mois (551 pour, 6 contre et 1 abstention). Le gouvernement avait déclamé ce délai supplémentaire en raison d'une menace terroriste "plus élevée que jamais". 

La semaine dernière, le Sénat avait déjà voté en première lecture cette prolongation qui est donc entérinée par le vote à l'Assemblée nationale. Cette prolongation doit entrer en vigueur le 26 février jusqu'au 26 mai, quelques jours avant le début de l'Euro de football.

Devant l'Assemblée, Bernard Cazeneuve a défendu le bilan de l'état d'urgence. Les perquisitions administratives, au nombre de 3.379 depuis les attentats du 13 novembre, "ont une finalité préventive et de renseignement. Les éléments collectés peuvent alimenter des dossiers de renseignement qui donneront lieu le cas échéant à judiciarisation plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard", a-t-il souligné.

"L'état d'urgence est dangereux" pour Noël Mamère

Plusieurs députés ont critiqué le maintien de l'état d'urgence, notamment l'écologiste Noël Mamère. "Chacun sait que la menace est bien réelle et qu'il faudra probablement plusieurs années pour la réduire, a-t-il déclaré à la tribune. Mais devons-nous pour autant maintenir ce régime d'exception aussi longtemps que le terrorisme durera et conférer aux autorités administratives des pouvoirs étendus et renforcés susceptibles de restreindre considérablement nos libertés? (...) L'état d'urgence est inutile, dangereux et inefficace."

Le chef de file du Front de Gauche, André Chassaigne a lui aussi appelé à sortir de l'état d'urgence. "Notre droit commun nous fournit les outils juridiques nécessaires pour lutter contre le terrorisme (...) les mesures de l'état d'urgence s'essoufflent et ne sont plus efficaces aujourd'hui", a-t-il estimé devant les députés. 
C. B avec AFP