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Attentats: hommage et vote crucial ce mardi à l'Assemblée nationale

L'Assemblée nationale va observer un nouvel hommage, ce mardi, à la place de la traditionnelle session des questions au gouvernement.

L'Assemblée nationale va observer un nouvel hommage, ce mardi, à la place de la traditionnelle session des questions au gouvernement. - Joiël Saget - AFP

La séance des questions au gouvernement a été exceptionnellement annulée ce mardi pour que l'Assemblée nationale puisse rendre hommage aux 17 victimes des attentats de la semaine dernière. Les députés devront ensuite s'exprimer par un vote sur la poursuite des frappes aériennes en Irak menées contre Daesh.

Un hommage et un vote crucial. Tel est le programme chargé en émotion qui attend les députés, ce mardi. Près d’une semaine après la série d’attaques jihadistes en région parisienne qui ont secoué et bouleversé le pays, l’Assemblée nationale va rendre un hommage appuyé aux 17 victimes des attentats perpétrés contre Charlie Hebdo, contre une policière municipale de Montrouge et dans le supermarché Hyper Cacher de la porte de Vincennes.

Les députés devront par la suite s'exprimer sur une poursuite des frappes aériennes menées depuis l'été dernier en Irak, contre les jihadistes de l'Etat islamique (Daesh). Lourd de sens, dans le contexte actuel.

Un dispositif particulier

Après les événements exceptionnels de ces derniers jours, c'est un dispositif spécial qui va être mis en oeuvre ce mardi après-midi au Palais Bourbon: exit la traditionnelle et souvent turbulente session des questions au gouvernement (QAG), une séance particulière va se dérouler en hommage aux personnes tuées lors de l'attentat contre Charlie Hebdo et lors des attaques des jours suivants.

Le Premier ministre Manuel Valls est censé s'exprimer au terme de cette session, et il n'est pas à exclure que de nouvelles mesures soient annoncées à ce moment là.

Jeudi dernier, jour de deuil national, le Bureau de l'Assemblée nationale et les présidents des groupes politiques s'étaient déjà réunis dans la cour d'honneur du bâtiment pour saluer la mémoire des premières victimes. L'hommage de ce mardi devra regrouper l'ensemble des parlementaires et du gouvernement.

Vers une poursuite des frappes en Irak

C'est donc dans ces circonstances lourdes et dramatiques que le Parlement doit donner son feu vert à la poursuite des frappes françaises en Irak. Cette autorisation, imposée par la Constitution près de quatre mois après le début de l'intervention française le 19 septembre, s'annonce d'ores et déjà acquise: la France étant globalement favorable à l'opération Chammal.

"Notre conviction est, plus que jamais, que la présence de l'armée française est nécessaire", a à ce titre relevé le chef du groupe parlementaire du principal parti d'opposition (UMP), Christian Jacob. "Elle est indispensable car le combat contre le fondamentalisme commence à la source (...) La guerre contre le terrorisme sur le territoire national commence en Irak", a-t-il ajouté. 

Un vote au relief inédit

Dans la majorité, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a souligné à de multiples reprises la détermination de la France à stopper, au côté de ses alliés, l'expansion de l'organisation Etat islamique (EI) en Irak. Paris exclut en revanche pour l'heure toute intervention en Syrie, jugeant qu'elle ne pourrait qu'être favorable au régime de Bachar el-Assad.

"Grâce à l'action de la coalition internationale, nous avons mis un coup d'arrêt à l'expansion de Daesh" (autre nom de l'EI) "mais le coup d'arrêt ne signifie pas que la guerre est finie", a relevé le ministre de la Défense.

Le vote prend en outre un relief particulier alors qu'un des auteurs du carnage à la rédaction de Charlie Hebdo, Chérif Kouachi, avait participé à une filière de recrutement pour l'Irak et que le preneur d'otages du magasin casher, Amedy Coulibaly, se réclamait de l'EI et demandait l'arrêt des frappes françaises en Irak.

Un déplacement symbolique du Charles de Gaulle? 

"Les événements d'aujourd'hui en France renforcent notre conviction que soutenir l'engagement français était la bonne décision", souligne Christian Jacob.

Le vote pourrait être suivi du déploiement, hautement symbolique, du porte-avions Charles-de-Gaulle dans le golfe Persique, selon le site Mer et Marine. L'Elysée a seulement confirmé que le groupe aéronaval appareillerait prochainement pour l'Inde et transiterait par le Golfe.

Jé. M. avec AFP