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OGM : un couac gênant pour le gouvernement

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Après le coup de théâtre à l’Assemblée Nationale reportant la validation de la loi OGM, les responsables de la majorité tentent de nuancer la portée du couac.

Alors que François Hollande a parlé de « désastre » ce matin sur RMC et BFMTV, retour sur le couac qui a surpris le gouvernement hier soir. Le projet de loi OGM devient la bête noire de la majorité. C'est aujourd'hui que se réunit la commission paritaire annoncée par le Premier ministre François Fillon, après le coup de tonnerre hier et le vote à l'Assemblée d'une motion qui a eut pour conséquence de bloquer les débats.

136 voix contre 135, c'est en fait un grand nombre de députés UMP qui n'ont pas pris la peine de se rendre d'en l'hémicyle pour voter, d'où ce nouveau couac. Et alors que la gauche exultait, les députés de droite et le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, faisaient grise mine. François Fillon a donc aussitôt annoncé que le texte serait renvoyé en Commission mixte paritaire (CMP) Sénat-Assemblée pour être soumis au vote des deux chambres. La CMP est composée de 7 députés et 7 sénateurs, en majorité UMP.

Les anti-OGM : « On a gagné ! »

Hier à l'Assemblée Nationalne, les députés PS étaient plutôt fiers d'eux et du mauvais tour joué à la majorité. A l'extérieur, les anti-OGM, José Bové en tête, chantaient « on a gagné, on a gagné ». Mais sur le fond, l'UMP a encore toutes les cartes en main et la motion de procédure votée hier n'empêchera pas la loi sur le OGM de passer. En fait, l'opposition n'a pas énormément de recours : une audience auprès de Nicolas Sarkozy ne changerait rien à la procédure. Alors, les socialistes tentent de se servir du débat sur les OGM pour convaincre l'opinion publique que la majorité ne prend pas en compte l'avis de citoyens...

« Sarkozy est hors de lui »

Au-delà du débat sur l'adoption du texte sur les OGM, se pose la question des raisons qui ont poussé les députés à déserter. Ce matin sur RMC, Alba Ventura expliquait que « cela prouve au moins deux choses : ce texte, tel qu'il est présenté, personne ou presque ne le veut et c'est du grand n'importe quoi à l'Assemblée. C'est une loi majeure, et moins de la moitié des députés étaient présents ». Alba Ventura révélait également que Jean-François Copé, président du groupe UMP et présenté comme responsable de ce couac, et Nicolas Sarkozy se sont parlés hier soir au téléphone : « Copé dit que ce n'était pas une engueulade mais on sait que Nicolas Sarkozy est hors de lui et totalement irrité par cette affaire à rebondissements ».

Copé « pris de cours »

Interviewé par Jean-Jacques Bourdin en direct ce matin, Jean-François Copé a parlé d'un « accident de parcours dans la procédure ». S'il explique qu'il « assume ce qui s'est passé », il estime que les députés UMP ont été « pris de cours » par la motion socialiste. Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie et du Développement Durable a également tenté de minimiser l'ampleur de la crise : « Apparemment, comme il n'y avait pas beaucoup de problèmes, il y avait un certain nombre de parlementaires qui étaient en commission des lois, qui travaillaient en commission des finances ».

« Désastre » pour François Hollande, « accident de parcours » pour Jean-François Copé, les visions diffèrent sur la portée de cet incident. Pour François Grodidier, député UMP de Moselle opposé au projet de loi OGM, « les députés UMP ont fait de la résistance passive en n'allant pas soutenir le texte dans l'hémicycle ». Un président de groupe accusé de ne pas tenir ses troupes, des ministres qui minimisent les causes et les conséquences de ce couac, une opposition qui exulte... la crise semble couver au sein de la majorité.

La rédaction avec Annabel Roger et Alba Ventura