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"Nous pouvons expérimenter": des élus locaux plaident pour un déconfinement territorialisé

Des terrasses rouvertes pour la première fois après le premier confinement au printemps 2020, près du Panthéon à Paris.

Des terrasses rouvertes pour la première fois après le premier confinement au printemps 2020, près du Panthéon à Paris. - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

L'exécutif souhaite amorcer le déconfinement de la population au début du mois de mai. La porte n'est pas fermée à une approche territorialisée, a fait savoir Olivier Véran.

La situation sanitaire est encore fragile, et près de 6000 personnes sont encore hospitalisées en réanimation en raison du Covid-19. Un chiffre inférieur au pic de la première vague du printemps 2020, mais supérieur à celui de la vague automnale. En dépit de ces données, l'exécutif souhaite desserrer la vis des mesures de restriction à compter du début du mois de mai.

"Il apparaît que nous pourrions être au pic, ou proches de l'être", a argué mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à l'issue des Conseils de défense et des ministres.

Véran ouvre la porte à une territorialisation

Ainsi, la limite des 10 km pourrait être supprimée dès le 3 mai, le couvre-feu allégé et la réouverture, avec des jauges réduites, de lieux de culture ou de commerces dits non-essentiels, pourrait suivre. Dans une interview donnée mardi au Télégramme, le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran s'est déclaré "ouvert" à une approche territorialisée de cette nouvelle étape de la gestion de crise.

"Lorsqu'on envisage de lever un certain nombre de contraintes, il faut regarder la situation épidémique dans chaque territoire, la situation hospitalière et, de façon générale, le niveau de saturation des hôpitaux en France", a-t-il fait valoir auprès du quotidien régional.

Sur BFMTV ce mercredi matin, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie a renchéri en déclarant que cette approche était "pleine de bon sens".

Une approche que défendent ardemment certains élus locaux, qui souhaitent être davantage associés à cette levée des restrictions. Dans l'ouest de la France, moins touché à l'heure actuelle par le virus que d'autres franges de l'Hexagone, des élus font entendre leur voix.

"On saura s'adapter"

"S'il faut des candidats pour pouvoir expérimenter ces premières semaines de déconfinement, la Charente évidemment sera candidate. On saura s'adapter voire enrichir (ces mesures, NDLR)", a déclaré ce mercredi sur BFMTV le maire d'Angoulême ex-Les Républicains (LR) Xavier Bonnefont.

Mardi, le taux d'incidence hebdomadaire dans ce département de Nouvelle-Aquitaine était de 196,5 nouveaux cas de Covid-19 pour 100.000 habitants, ce qui représente plus de deux fois moins qu'en Île-de-France.

Ailleurs, en Bretagne, l'épidémie de Covid-19 est moins virulente que dans l'Est ou le Sud-Est. La région est de fait l'une des moins touchées par le virus à l'heure actuelle. Une caractéristique qui pousse le président socialiste du Conseil régional, Loïg Chesnais-Girard, à demander à être associé au déconfinement.

"Le ministre Véran a annoncé un souhait de déconfiner de manière territorialisée. Nous voulons participer à ces travaux de déconfinement. Nous voulons, avec les maires, avec les élus, participer à l'écriture des protocoles et des règles. Parce que nous ne vivons pas de la même manière à Lesneven, à Quimper et sur nos îles. (...) Si je prends le Finistère, entre Brest et la Cornouaille, nous avons des taux très, très différents. Nous pouvons expérimenter des choses, nous pouvons servir de laboratoire de déconfinement en mouillant les élus locaux, on est prêts à le faire, et en assumant d'ajuster les règles pour qu'elles soient robustes parce qu'éprouvées sur le terrain", a plaidé le socialiste sur notre antenne ce mercredi.

Loïg Chesnais-Girard indique par ailleurs avoir fait cette proposition au Premier ministre il y a quelques semaines. "J'attends un retour du gouvernement sur la proposition", a-t-il précisé, insistant sur le fait que la proposition consiste à "partir du terrain, partir des territoires qui vivent des situations très différentes pour ne pas se rater dans ce confinement territorialisé. (...) Des règles qui s'appliquent de manière aveugle sur l'ensemble des territoires sont par moment non seulement inefficaces mais inapplicables", a-t-il également jugé.

"De la visibilité"

Dans Le Figaro, plusieurs élus locaux d'autres régions plaident également pour une approche territorialisée de la levée des restrictions. "Il nous faut à tout prix de la visibilité", demande ainsi Christelle Morançais, présidente LR de la région Pays de la Loire, tenante d'une départementalisation du déconfinement.

"Nos efforts considérables doivent être récompensés", défend quant à lui Philippe Martin, président socialiste du Conseil départemental du Gers, département où le taux d'incidence hebdomadaire était mardi de 178,7 cas pour 100.000 habitants.

Territorialiser, "surtout dans les territoires où l'épidémie est sous contrôle. Mais un déconfinement territorialisé est plus difficile à gérer qu'un couvre-feu différencié", estime toutefois le maire UDI de Sceaux, Philippe Laurent, dans les colonnes du Figaro.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV