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Non, la France n'a pas pris les mesures "les plus strictes d'Europe" comme l'a déclaré Castaner

Comparatif des mesures restrictives de lutte contre le covid-19 dans différents pays

Comparatif des mesures restrictives de lutte contre le covid-19 dans différents pays - BFMTV

Depuis ce mardi midi, la France est en confinement obligatoire. En Europe, cette mesure a déjà été appliquée à l'Italie et l'Espagne, en plus d'autres règles sanitaires, mais contrairement à ce qu'a déclaré le Premier ministre lundi soir, la France n'est pas plus restrictive que ses voisins subissant eux aussi l'épidémie de coronavirus.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a pris la parole lundi soir, précisant les conditions de confinement dans lesquelles la France va être plongée pour les 15 jours à venir, afin de limiter la propagation du Covid-19.

"Il s'agit de mesures de confinement sur le modèle que nos voisins espagnols ou italiens ont mis en place. Ce que le président de la République a décrit, ce sont les mesures les plus restrictives aujourd'hui en vigueur en Europe", a-t-il déclaré lundi soir.

Face à la menace épidémique, la plupart des pays européens ferment leurs frontières et interrompent les transports avec leurs voisins, notamment les pays les plus touchés: l'Italie (2158 morts, 27.980 cas selon les derniers chiffres), l'Espagne (491 morts, 11.178 cas), la France (148 morts, 6633 cas) et l'Allemagne (16 morts, 6012 cas). Ces derniers pays ont opté ces derniers jours pour différentes mesures sanitaires afin d'endiguer la propagation du coronavirus. Comparées à celles des pays voisins, les règles françaises sont-elles vraiment les plus dures?

  • Le confinement obligatoire en cas d'épidémie

Le confinement obligatoire a commencé ce midi en France, l'Espagne l'avait mis en place il y a quelques jours, et l'Italie observe cette règle depuis déjà une semaine. Comme en France, seuls les déplacements "absolument nécessaires" sont autorisés: sortir pour acheter à manger, se rendre chez le médecin ou aller au travail, quand le télétravail n'est pas possible. A chaque fois un justificatif est nécessaire.

En Allemagne, où le nombre de cas est moins important pour le moment, la population est pour l'instant appelée à "rester à la maison", et en Grande-Bretagne elle doit éviter tout "contact social".

  • Des amendes plus fortes en Italie et en Espagne

En Espagne, en France et en Italie, les gouvernements ont prévu des amendes en cas de non-respect du confinement, soit de déplacement non-autorisé. En France, les récalcitrants à ces règles pourront se voir infliger une amende allant jusqu'à 135 euros selon les déclarations actuelles du gouvernement.

En Italie, les sanctions encourues sont beaucoup plus lourdes: trois mois de détention ou une amende allant jusqu'à 206 euros, selon Le Parisien. En Espagne, les sanctions s'étalent de 100 à 600 euros, explique le quotidien El Mundo

  • Distance sociale d'un mètre pour tous

La règle demandant de laisser un mètre entre deux personnes, afin d'éliminer le risque de contamination a été appliquée au moins en Espagne, en Italie et en France. Elle fait partie des mesures barrières à suivre en cas de contact avec d'autres personnes. Les autres gestes à connaître sont le lavage régulier des mains, l'éternuement dans son coude, l'arrêt des gestes de socialisation entraînant un contact, comme le serrage de main ou la bise, et l'utilisation de mouchoirs à usage unique à jeter immédiatement.

  • Des contrôles de température obligatoires en Italie

En Italie, parmi les six règles pour aller au travail en temps de coronavirus, le contrôle de la température, écrit le quotidien Corriere della Serra. A l'entrée des stades, avant que les matchs ne soient annulés, les supporters italiens étaient déjà soumis à des tests de température début mars. A la frontière franco-allemande, les policiers font également des tests aléatoires de fièvre, et appellent les autorités sanitaires en cas de températures trop élevées.

En France, ces contrôles n'ont pas été évoqués par le gouvernement hier, sont peu nombreux, et surtout non obligatoires, même dans les aéroports. Fin février, les reporters de BFM Paris constataient à l'aéroport de Roissy que les tests concernaient très peu de personnes.

  • Pas de dépistages généralisés en France

Depuis le début de l'épidémie, la France maintient un certain flou concernant sa politique de dépistage. Comme le souligne Checknews, des chiffres différents ont été fournis au fil des semaines. Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a lui déclaré à plusieurs reprises que la France réalisait "plus de 1000 tests par jour". D'après des relevés du ministère de la Santé italien, au 10 mars l'Italie en était déjà à plus de 60.000 tests de dépistage. 

Checknews souligne toutefois qu'il est difficile de comparer ces chiffres, étant donné que l'Italie se trouve à un stade plus avancé que la France dans l'épidémie. De plus, l'Italie a fait beaucoup de tests au début de la contamination, sur des personnes ne présentant parfois pas de symptômes. 

En France, si une personne présente les symptômes d'une infection respiratoire ou une fièvre au-dessus de 37,5 degrés, elle doit rester chez elle, contacter son généraliste et limiter au maximum le contact avec d'autres personnes. Le 15 ne doit être contacté qu'en cas de forte fièvre ou de difficultés respiratoires. Ce service de secours lui indiquera alors si elle doit se rendre, ou non, dans un centre de dépistage.

  • Commerces fermés et événements annulés

Chez nos voisins espagnols et italiens, les commerces non-essentiels, les écoles, les divers événements et rassemblements ont aussi été annulés. Si les élections municipales ont bien été maintenues dimanche, le second tour prévu ce week-end a lui été reporté. Le Premier ministre Edouard Philippe a proposé de le reporter au 21 juin.

Salomé Vincendon