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Nicolas Dupont-Aignan, l’autre perdant de la soirée électorale

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) sort de l'isoloir, le 23 avril 2017 à Yerres, lors du 1er tour de l'élection présidentielle.

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) sort de l'isoloir, le 23 avril 2017 à Yerres, lors du 1er tour de l'élection présidentielle. - Patrick Kovarik - AFP

Entre le départ des cadres de son parti et l’échec de Marine Le Pen dans sa municipalité, Nicolas Dupont-Aignan fait face à un réveil difficile après le second tour.

Avec la défaite de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan voit lui échapper la place de Premier ministre qu’il entrevoyait depuis son ralliement à la candidate le 29 avril.

Mais ce n’est pas le seul échec que le président et fondateur de Debout la France (DLF) a connu dans cet entre-deux tours mouvementé. Son alliance avec Marine Le Pen a notamment causé le départ de nombreux cadres de son parti. Dominique Jamet et Anne Boissel, deux de ses vice-présidents, ont ainsi claqué la porte au lendemain de l’annonce.

Le départ des cadres du parti

Eric Anceau, responsable du projet du parti, a "renoncé à toutes ses fonctions" au sein de Debout la France. Enfin, Olivier Clodong, maire-adjoint de la commune de Yerres et directeur de la campagne du candidat, a indiqué qu’il renonçait à son poste de directeur de campagne pour le reste de l’entre-deux tours.

C’est pourtant lui qui affirme à Challenges que le parti continuera d’exister, tout en concédant que "ce qui s’est passé là n’est pas anodin: il y aura un avant et un après". "C’est un tournant politique dans la vie du parti", souligne-t-il.

"Debout la France aura des candidats dans toutes les circonscriptions pour dire aux Français qu’il y a une nouvelle opposition claire, avec un nouveau projet pour la France", a déclaré Nicolas Dupont-Aignan dimanche soir sur TF1, entérinant la survie du parti. Pourtant, plusieurs élus et candidats aux législatives ont déjà démissionné, à quelques semaines des élections. 

L’échec de Marine Le Pen à Yerres

Un "nouveau projet" pour DLF que le politique risque d’avoir du mal à mener si les électeurs le suivent aussi peu que ses consignes de vote. Selon une enquête OpinionWay, 36% de ses électeurs auraient voté pour Marine Le Pen, contre 37% pour Emmanuel Macron, et 27% préférant voter blanc ou nul.

Des chiffres confirmés par le score de la candidate du Front national dans sa mairie de Yerres (Essonne). Marine Le Pen y a été largement battue, avec un score de 31,53%, contre 68,47% pour Emmanuel Macron. Une manifestation réunissant plusieurs centaines de personnes s’y était tenue au lendemain de l’annonce du ralliement de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen.

Le président de Debout la France avait dénoncé un rassemblement de "gauchistes" venus "en bus", des "idiots utiles du système".

Si Nicolas Dupont-Aignan a affirmé dimanche soir sur France 2 que Debout la France resterait indépendant du Front national, il fait face aujourd'hui à une grogne au sein de son parti et au sein de ses électeurs. D'ici aux législatives de mi-juin, il n'a que quelques semaines pour arranger la situation s'il veut espérer peser aux côtés d'un possible nouveau Front national.

Liv Audigane