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Municipales: en Occitanie, un élu britannique contraint de ne pas rempiler à cause du Brexit

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Résident à Puydarrieux depuis 2004, Perry Taylor est conseiller municipal depuis 2014. À cause du Brexit, il ne pourra pas briguer un second mandat mais il veut commencer les démarches pour obtenir la naturalisation française. Et pourquoi pas se présenter à nouveau en 2026.

Il y a la grande Histoire et les petites qui s'y imbriquent. La grande, qui ce vendredi verra se concrétiser la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) après 47 ans de vie commune, alors que la date fatidique du 31 janvier est atteinte. La petite, qui s'écrira notamment à Puydarrieux, dans les Hautes-Pyrénées. Localité de quelque 230 âmes où Perry Taylor, citoyen britannique, est conseiller municipal depuis 2014. Avec le Brexit, il ne pourra pas rempiler pour un second mandat, n'étant de facto plus citoyen de l'UE.

Selon l'Insee, 150.000 Britanniques vivaient en France en 2015, dont 25.000 en région Occitanie. Perry Taylor est de ceux-là. Il est arrivé en France en 2004 avec sa compagne néerlandaise, désireux de changer de vie après 25 ans passés en tant que graphiste et directeur artistique dans des agences de pub de Londres et Amsterdam. 

Changement de vie

Aux abords des municipales de 2014, l'ancien publicitaire qui se consacre désormais au dessin humoristique est approché par le maire de Puydarrieux et ses adjoints. "Ils ont pensé que je pouvais donner une autre perspective", explique-t-il à BFMTV.com. Il devient alors conseiller municipal.

Perry Taylor raconte les réunions mensuelles, les discussions à propos de la voirie, celles sur les bois alentour, son initiative pour améliorer l'acoustique de la salle des fêtes... Et en filigrane, la vie banale d'une petite commune rurale. Sur les onze membres de l'équipe municipale, ils ne sont que deux à ne pas être agriculteurs, détaille l'homme de 61 ans.

Une situation "injuste" pour le dessinateur

Pendant les longs mois d'incertitudes vis-à-vis du Brexit, Perry Taylor se prend à espérer "un deuxième référendum" qui n'arrivera jamais. Avec la mise en œuvre du divorce obtenu au forceps ce 31 janvier, n'ayant jamais demandé la citoyenneté française, le Britannique ne remplit plus l'une des conditions essentielles pour être éligible aux élections municipales françaises: être ressortissant de l'un des pays de l'UE.

Et comme il a quitté son pays d'origine depuis plus de 15 ans, il n'est également plus autorisé à voter lors des scrutins du Royaume-Uni. "Je n'ai plus de voix", déplore-t-il.

Cette situation, le sexagénaire la vit comme "injuste". Une injustice qui l'a décidé, en octobre, à se renseigner sur les titres de séjour. Actuellement, il est occupé à rassembler les papiers nécessaires pour demander sa naturalisation. Et pourquoi pas - "si je peux", précise-t-il - être à nouveau candidat aux municipales de 2026 dans son village d'adoption.

Clarisse Martin