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Municipales: Altrad, Gaillard et LFI, l'étonnant mélange des genres à Montpellier

Mohed Altrad

Mohed Altrad - Icon Sport

A la surprise générale, l'extrême-gauche a conclu une alliance avec le milliardaire d'origine syrienne. Plutôt classé à droite, ce dernier avait un temps brigué le soutien de la République en marche.

Si l'alliance semble incongrue, elle est bel et bien réelle. Prévu le 28 juin prochain, le second tour des élections municipales, reporté en raison de l'épidémie de Covid-19, s'annonce mouvementé à Montpellier, où le scrutin reste serré. Dans ce contexte, le milliardaire montpelliérain Mohed Altrad a conclu mardi un accord avec trois autres listes, marquées à gauche.

Au premier tour, la ville de l'Hérault avait vu son maire sortant, le dissident socialiste Philippe Saurel, arriver en tête avec 19,1% des suffrages. Pour autant, il n'avait obtenu que très peu d'avance sur la liste du PS de Michaël Delafosse, et celle sans étiquette du milliardaire Mohed Altrad, toutes deux créditées respectivement de 16,7 et 13,3% des voix.

Alliance inédite et controversée 

Ainsi, le jeu des alliances se mettait en branle, alors que le dépôt des candidatures avait pour date limite le 2 juin dernier. Comme l'explique L'Opinion, les socialistes ont logiquement fusionné avec EELV.

Mais la réelle surprise est venue de la France insoumise. Clothilde Ollier (7,25%), élue à l'issue d'une primaire EELV puis destituée par ce parti et ayant pris la tête d'une liste écologiste soutenue par une partie des insoumis montpelliérains, et Alenka Doulain, qui avait recueilli 9,2% à la tête d'une liste citoyenne (DVG, soutenue par LFI), ont toutes deux créé une plate-forme commune en compagnie de l'humoriste Rémi Gaillard - quant à lui crédité de presque 10% au premier tour - afin d'établir une stratégie pour le second tour.

Le milliardaire d'origine syrienne, plutôt classé à droite, et qui avait un temps brigué le soutien de la République en marche, a donc conclu un accord avec ces trois listes. Le deal est clair: Mohed Altrad s'est engagé à laisser la mairie de Montpellier à Alenka Doulain, pourtant éliminée au premier tour, et hériterait quant à lui de la présidence de la métropole.

Une "trahison"

De manière compréhensible, ce rapprochement a été très froidement accueilli par certains militants, qui n'hésitent pas à employer le terme de "trahison." 

"Il y a un problème de fond à s’allier avec un candidat de droite qui se situe de l’autre côté de la barrière sur le partage entre capital et travail", assure, toujours auprès de L'Opinion, Boris Chenaud, militant insoumis. 

Qualifiée d'élection la plus folle de France par certains médias et observateurs, le scrutin municipal montpelliérain, marqué par une abstention de 65%, devrait ménager un suspense intense jusqu'au 28 juin.

Si Mohed Altrad et ses co-listiers ont rassemblé près de 40% des votants au premier tour, il n'est pas sûr que leurs électeurs respectifs se retrouvent dans cette alliance de dernière minute. 

Hugo Septier avec AFP