BFMTV

Municipales: 250 personnalités demandent un #MeToo des territoires

Drapeau tricolore, le 19 février 2014.

Drapeau tricolore, le 19 février 2014. - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

250 personnalités du monde politique et associatif appellent à écarter des listes municipales "les candidats sexistes et responsables de violences."

De nombreuses personnalités issues du monde politique et associatif ont dénoncé la prégnance "de violences sexistes et sexuelles" au sein des conseils municipaux, dans une tribune publiée mardi 12 novembre sur France Info. Dans ce texte "Pour un #MeToo des territoires", les 250 signataires demandent aux partis politique d'exclure "les candidats sexistes et responsables de violences" des listes pour les municipales.

À l’occasion des prochaines élections municipales qui se dérouleront les 15 et 22 mars 2020, "des centaines de milliers de femmes et d’hommes seront élus pour exercer les responsabilités de conseiller municipal, d’adjoint et de maire pour un mandat de six ans. Parmi eux, certains ont été auteurs de violences sexistes et sexuelles lors de précédentes fonctions. S’ils venaient à être légitimés par le suffrage, ils seraient confortés dans leurs pratiques délétères", peut-on lire.

Parmi les signataires, la conseillère de Paris France insoumise Danielle Simonet, le président d’honneur d’Action contre la faim Thomas Ribémont, la tête de liste EELV Paris Centre Raphaëlle Rémy-Leleu, la militante féministe Audrey Pulvar, l’eurodéputée France insoumise Manon Aubry, la comédienne Eva Darlan ou encore l’eurodéputé EELV Yannick Jadot.

"Cette fois-ci, on ne passera pas l'éponge"

"Nous ne voulons ni de harceleurs, ni de violeurs, ni de ceux qui les couvrent sur les prochaines listes aux municipales", a expliqué Laurence Rossignol, sénatrice socialiste de l’Oise, ancienne ministre des Droits des femmes et l’une des signataires de la tribune, sur le plateau de France 2. Avant d’ajouter, "cette fois-ci, ça ne sera pas comme avant, on ne se taira pas, on ne passera pas l’éponge et on le dira." 

Les signataires proposent aux victimes de comportements sexistes et de harcèlement de témoigner en écrivant directement aux partis politiques. Ces derniers pourront ensuite enquêter et écarter les candidats si les faits sont avérés. "Nous demandons aux partis de respecter ces lettres, et surtout l’anonymat des personnes qui auront le courage de dénoncer des faits", écrivent les signataires.

"Parce qu’un même agresseur s’en prend souvent à plusieurs victimes, nous devons nous unir afin que la peur change de camp", peut-on lire dans le texte. Les signataires demandent aux partis politiques "prendre leurs responsabilités pour garantir une ambiance de travail plus sereine dans les mairies, un fonctionnement plus apaisé de la démocratie locale et une plus grande sécurité pour les personnes victimes de violences."

Un soutien juridique et psychologique pour les victimes

Pour encourager la libération de la parole, une aide à la rédaction pour les témoins et victimes est mise à disposition, ainsi que "des ressources en matière de soutien juridique et psychologique", a souligné Laurence Rossignol. "C'est le moment de parler. Faites-le et nous, on se charge auprès des partis politiques de dire que c'est une rupture de principe de représentation", a-t-elle déclaré. 

Comme ce combat n’est pas seulement l’affaire des femmes, nous appelons toute victime ou témoin, chacune et chacun, à interpeller les candidats aux municipales et les partis politiques sur leur engagement à lutter contre toutes les violences faites aux femmes. La marche #NousToutes contre les violences sexistes et sexuelles du 23 novembre à Paris (14 heures à Opéra) sera aussi l’occasion de dire stop à ces violences!
Romane Ganneval