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Municipales: 15,29% de participation à midi, en baisse par rapport au 1er tour

La participation à midi au second tour des élections municipales dimanche s'établit à 15,29%.

La participation à midi au second tour des élections municipales dimanche s'établit à 15,29%. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

La participation à midi aux élections municipales est en baisse de trois points par rapport au 1er tour.

La participation au second tour des municipales pourrait encore baisser par rapport au taux d'abstention historique enregistré au 1er tour en mars marqué par l'épidémie de Covid-19, selon les premiers chiffres communiqués à midi. Le ministère de l'Intérieur fait état d'un taux de participation à midi de 15,29%, trois points en-dessous de ce qu'elle était à la même heure le 15 mars (18,38%), mais aussi 4,5 points en-dessous de celle du second tour des municipales de 2014 (19,83%), et plus de 8 points de moins par rapport à 2008 (23,68%).

Les départements qui avaient le plus voté à midi sont la Corse du Sud (32,03%), le Cantal (28,92%), l'Allier (28,13%), la Lozère (27,73%) et les Landes (27,35%). Les départements s'étant le moins mobilisés sont la Seine-Saint-Denis (7,34%), l'Ille-et-Vilaine (8,18%), Paris (8,34%), les Hauts-de-Seine (8,96%) et le Val d'Oise (9,66%). Les électeurs des trois départements très peuplés des Bouches-du-Rhône (15,99%), du Rhône (16,69%) et du Nord (13,74%) se sont déplacés dans des proportions proches de la moyenne nationale.

Le risque d'une abstention massive est l'un des enjeux principaux du scrutin, alors que moins d'un électeur sur deux - 44,3%, contre 63,5% en 2014 - s'était déplacé pour voter le 15 mars en raison des risques de contamination au coronavirus. Ce second tour est organisé avec des précautions sanitaires exceptionnelles dues à l'épidémie de Covid-19 : port du masque obligatoire dans les bureaux de vote, gel hydroalcoolique et priorité aux personnes vulnérables pour voter.

Suspense dans les grandes villes

Le suspense est fort dans quelques-unes des plus grandes villes - Lyon, Marseille, Toulouse, Montpellier, Strasbourg, Lille - principalement sous la poussée des écologistes. Au Havre, le Premier ministre Edouard Philippe - qui a voté dès 8h15- joue en partie son avenir à Matignon. Ces municipales se tiennent aussi à la veille d'une séquence cruciale pour le président Emmanuel Macron, qui a voté vers midi au Touquet. Le chef de l'Etat pourrait, dans les jours qui viennent, procéder à un remaniement et préciser son intention affichée de "se réinventer" pour les deux dernières années de son mandat.

A la différence des autres grandes villes, l'incertitude est faible à Paris, où la sortante Anne Hidalgo (PS) a contenu au premier tour ses partenaires d'EELV en endossant elle-même un programme résolument écolo. Avec autour de 44% d'intentions de vote, elle devance largement ses concurrentes LR Rachida Dati et LREM Agnès Buzyn.

Pour La République en Marche, le jour du vote est celui de la fin du calvaire : peu de ses candidats sont bien placés - à l'exception de Strasbourg - et la campagne au rabais ne leur a guère permis de se faire connaître. Au Havre, Edouard Philippe est crédité de 53% d'intentions de vote (Ifop). Mais l'importance de l'enjeu peut mobiliser les abstentionnistes du premier tour.

Très affaiblis au plan national, le Parti socialiste et Les Républicains se sont refait une santé localement. Le PS est en capacité de conserver ses bastions - Paris, Nantes, Rennes, Dijon - et devrait retrouver le niveau qui était le sien après la perte de très nombreuses villes en 2014.Les Républicains ont quant à eux confirmé leur implantation en remportant dès le premier tour bon nombre des villes de plus de 9.000 habitants qu'ils contrôlaient. Mais une défaite à Marseille, que la droite détient depuis 25 ans, ou à Toulouse, la quatrième ville de France, aurait une forte résonance politique.

Marseille à gauche ?

Portés par la vague écologiste, les candidats EELV visent plusieurs grandes villes, dont Grenoble, Lyon, Strasbourg, Besançon. Pour les Verts, qui ont longtemps servi de force d'appoint, il s'agit aussi de s'affirmer comme les premiers à gauche avant les prochaines échéances électorales. A Marseille, deuxième ville de France, la gauche a créé la surprise en passant en tête le 1er tour avec la coalition du Printemps marseillais, talonnée par Martine Vassal (LR) qui est adoubée par le sortant Jean-Claude Gaudin.

Principal adversaire d'Emmanuel Macron au plan national, le Rassemblement national reporte ses espoirs sur Perpignan après un premier tour mitigé. En cas de victoire, ce serait la première ville de plus de 100.000 habitants contrôlée par le parti depuis 1995.

J. Br. avec AFP