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Moscovici : « Le PS peut mourir, s'il ne change pas »

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Au lendemain d'un Conseil national du PS aux airs de déjà-vu, le député socialiste Pierre Moscovici tente de rester optimiste quant à l'avenir de son parti et de Martine Aubry.

Censé tirer les enseignements de la défaite aux européennes, le Conseil national du Parti socialiste, mardi 9 juin, n'a débouché sur aucune décision concrète, malgré la pression s'accumulant sur Martine Aubry. Comme un remake du congrès de Reims, en novembre, les mêmes priorités y ont été fixées : alliances, primaires présidentielles et dialogue renoué avec les classes populaires. « Un Conseil national un peu bizarre », selon le député socialiste du Doubs, Pierre Moscovici, qui poursuit, s'efforçant de rester positif : « C'était pas mal. On a évité les règlements de compte et on a eu des échanges intelligents. Martine Aubry a fait de bonnes propositions : refonder le parti, changer sa direction, ouvrir la primaire pour désigner le candidat à la présidentielle. Je suis d'accord avec tout ça. Mais que fait-on maintenant ? Oui, j'entrerai à la direction du PS, à condition qu'on le veuille et que ça ait un sens. Un sens pour moi, pour le parti et qu'on ne tombe pas dans les petits jeux d'appareils. S'il s'agit de participer à un vrai changement, vraiment d'élaborer un projet nouveau, des idées nouvelles, de bosser, de se retrousser les manches, oui, mille fois oui. Si c'est pour être le représentant du sous-courant de bidule par rapport aux autres, j'ai déjà donné. »

« Que Martine nous bouscule ! »

Tandis que certains au PS ont profité de la défaite des Européennes pour demander la démission de leur première secrétaire, élue à une faible majorité devant Ségolène Royal lors du Congrès de Reims, Pierre Moscovici réaffirme la légitimité de Martine Aubry à cette place : « Je dis à Martine "je suis disponible", "vas vite", et comme disait René Char [poète et résistant français], "imposes ton risque". Il n'y a pas de politique sans risque. Martine Aubry a tout ce qu'il faut ; elle a la vision claire de ce qui ne va pas ; donc, qu'elle nous bouscule ! [...] Maintenant, je crois qu'elle peut s'imposer, parce que, paradoxalement, l'élection ratée l'émancipe : pendant 6 mois, elle a imaginé qu'elle pouvait faire du replâtrage, avec les gens qui étaient là. Là, elle a vu que ça n'est pas possible.
Je sais que les partis sont mortels. Et comme la SFIO [ndlr, la Section française de l'Internationale ouvrière, devenue le PS en 1969], le PS peut mourir, s'il ne change pas. L'UMP a été bâtie à partir du RPR, avec les mêmes : Sarkozy, Chirac, Juppé... c'est l'art de se régénérer. »

La rédaction-Bourdin & Co