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Morin : « Il faut parfois être un peu marxiste »

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A la veille de la journée de mobilisation nationale, Hervé Morin, ministre de la Défense et Président du Nouveau Centre, fait entendre sa différence et rappelle que le droit de grève est constitutionnel.

Alors que la grève nationale, fortement soutenue par les Français, va beaucoup perturber les transports ce jeudi 29 janvier, le MEDEF demande la réquisition des personnels de la RATP et de la SNCF. Une proposition de l'organisation patronale à laquelle Hervé Morin, ministre de la Défense et Président du Nouveau Centre, est fermement opposé : « j'ai toujours pensé que ces systèmes n'avaient jamais marché. Durant toute l'histoire de la République française, on a eu régulièrement des procédures de réquisition - du temps de Georges Pompidou entre autres. On voit toujours où cela a mené. En la matière parfois, il faut être un peu marxiste et considérer qu'il y a le droit et qu'il y a les faits. Et que les faits sont parfois plus forts que le droit. »
Et alors que Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, parle de sanctionner les grévistes, Hervé Morin, lui, rappelle que le « principe de droit de grève est dans la constitution. En France, tout finit par être monté en épingle, en crise. Il faudrait qu'on trouve des systèmes de relations sociales plus apaisés. Et je ne sais pas si la sanction va vers l'apaisement... »

Les Français trompés par le système capitaliste ?

Dans le « mouvement de contestation » de ce jeudi 29 janvier, Hervé Morin voit avant tout « le sentiment d'une partie majeur de nos compatriotes qui considèrent qu'ils ont été trompés par un système présenté comme parfait. On leur avait expliqué que plus les entreprises gagneraient de l'argent, plus les dividendes seraient versés, plus le système capitaliste dérégulé, sans contrôle, règnerait sur la planète, et plus celle-ci se porterait bien. Et l'effondrement du système, à l'automne dernier, a tout d'un coup démontré ce qu'on savait, c'est que le système n'était pas viable sur le très long terme. Et donc, à travers ça, il y a un appel à la refondation du système. C'est ce à quoi la France et l'Europe doivent maintenant s'attacher. C'est ce que les Européens, unis, doivent porter : un nouveau modèle de construction, où on fait une place à l'homme. »

La rédaction-Bourdin & Co