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"Monseigneur Rebsamen" fait enrager la gauche de la gauche

Le ministre du Travail François Rebsamen quitte l'Elysée après une réunion de travail, le 16 juillet 2014.

Le ministre du Travail François Rebsamen quitte l'Elysée après une réunion de travail, le 16 juillet 2014. - Patrick Kovarik - AFP

Les propos du ministre du Travail François Rebsamen sur les chômeurs ont fait bondir au sein même des rangs de la gauche.

"Je demande à Pôle Emploi de renforcer les contrôles pour vérifier que les gens cherchent bien un emploi". Ce mardi matin, sur i>Télé, le ministre du Travail, François Rebsamen, a tenu des propos fermes sur les chômeurs, estimant que ceux ne cherchant pas d'emploi doivent être sanctionnés. "C'est négatif pour ceux qui recherchent des emplois d'être à côté de personnes qui ne cherchent pas d'emploi, donc je demande à Pôle Emploi de renforcer les contrôles", a justifié le ministre. A gauche de la gauche et chez les Verts, cette annonce a provoqué un tollé tandis que la droite saluait l'initiative.

Tollé à gauche

Au sein de l'opposition de gauche, les propos de François Rebsamen ont fait l'effet d'une bombe. Sur Twitter, le président du conseil général de l'Essonne, Jérôme Guedj, qui fait partie des frondeurs, a immédiatement interpellé le ministre sur le crédit impôt compétitivité aux entreprises, accordé au patronat. "Dis, François Rebsamen, et le contrôle des entreprises qui touchent le CICE et licencient et/ou augmentent leurs dividendes, on en parle?", a ainsi tweeté Jérôme Guedj, membre du Bureau national du PS.

Pouria Amirshahi, autre député PS frondeur, a quant à lui posté un message tout en ironie. "Monseigneur, n'ayez crainte. Je vous accorde nos richesses, faites en meilleur usage tandis que je me charge de contrôler ces fainéants", a-t-il écrit sur Twitter. 

L'ancienne ministre déléguée aux Personnes âgées et députée PS de Gironde, Michèle Delaunay, a quant à elle rappelé, également via un tweet, ce qu'est "être socialiste aujourd'hui". Etre socialiste aujourd'hui c'est ne plus accepter que 26.000 familles soient abîmées chaque mois par le chômage", a ainsi déclaré Michèle Delaunay.

De son côté, le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, s'est dit "atterré" par les propos du ministre du Travail, les qualifiant de "scandaleux" et "stigmatisants" pour les chômeurs. "Ma pensée va aux gens que je connais, jeunes et moins jeunes, qui cherchent du boulot désespérément et attendent des responsables politiques et du patronat des solutions en termes d'emploi et se voient stigmatisés", a ajouté le leader de la CFDT, interrogé par Le Figaro.

La déclaration a aussi fait bondir la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, qui s'interroge sur la connaissance du sujet par François Rebsamen.

Des propos salués à droite

En revanche, dans l'opposition, les propos du ministre du Travail ont été accueillis avec un certain optimisme. Pour le député UMP de la Drôme Hervé Mariton, le fait que le ministre "veuille lutter contre la fraude est un retour à la raison". Un avis partagé par l'ancien ministre du Budget Eric Woerth, qui a estimé, au micro d'i>Télé que "le ministre a raison de vouloir renforcer les contrôles".

Adrienne SIGEL