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Bayrou: la nouvelle carte des régions est "une absurdité"

François Bayrou, président du MoDem, le 18 décembre 2014 sur le plateau de BFMTV

François Bayrou, président du MoDem, le 18 décembre 2014 sur le plateau de BFMTV - BFMTV et RMC

Le président du MoDem, François Bayrou, a qualifié, jeudi matin sur BFMTV et RMC, "d'absurde" le vote définitif, mercredi, du projet de loi de délimitation des régions. Il s'agit, selon lui, "d'une réforme incohérente", "dessinée sur un coin de table".

"C’est une absurdité!", a fustigé François Bayrou, jeudi matin sur BFMTV et RMC, alors que le Parlement avait adopté définitivement la veille - par un ultime vote de l'Assemblée - la nouvelle carte de France à 13 régions. Et ce, en dépit de la colère toujours véhémente des UMP alsaciens contre la fusion de leur région avec Champagne-Ardenne et Lorraine.

Cette réforme, qui entrera en vigueur début 2016, a été voulue par François Hollande dans le but de redessiner la France pour plusieurs décennies avec des régions de "taille européenne" et moteurs du développement économique. "Les spécialistes – non politiques – disent tous la même chose, c’est une absurdité", a encore commenté le président du MoDem, avant de poursuivre: "Il y a des mégas-régions et d’autres toutes petites, qui n’ont pas le même pouvoir".

"Plus de fonctionnaires"

"Il y a en France, le préjugé que plus c’est gros, plus cela marche bien. C’est faux! Plus c’est gros, plus il faut embaucher des fonctionnaires", a encore regretté François Bayrou.

En outre, selon lui "régions et départements feront toujours la même chose. Cette réforme ne supprime en aucun cas les doublons."

Pour le candidat MoDem à la dernière présidentielle, il faut que les régions pour être force de propositions "aient une identité".

Une réforme incohérente

Globalement, "cette réforme est incohérente, elle a été faite sur un coin de table, pour des raisons politiciennes", a-t-il regretté se disant "déçu". 

Les députés ont adopté le texte par 95 voix pour, 56 contre et 11 abstentions. Le Front de gauche, les radicaux de gauche, les écologistes, l'UMP et l'UDI ont voté majoritairement contre "des regroupements forcés" alors que les socialistes ont voté pour.

Après six mois de débat et trois lectures dans chaque chambre, c'est donc la vision du groupe socialiste à l'Assemblée qui s'est imposée là où le gouvernement avait proposé 14 régions et où le Sénat en voulait 15 au lieu des 22 actuelles.

Si elle n'est pas "parfaite", cette carte "a sa cohérence", s'est félicité le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

H.F.