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Mistral: "plus aucun pays n'aura confiance en la France"

Le Mistral Vladivostok dans le port de Saint-Nazaire, le 5 mars 2014.

Le Mistral Vladivostok dans le port de Saint-Nazaire, le 5 mars 2014. - Frank Perry - AFP

La suspension par la France de la livraison d'un Mistral à la Russie suscite les critiques d'une partie de la classe politique, qui parle d'une décision "grave".

Fallait-il livrer un Mistral à la Russie? Si les Etats-Unis saluent une "sage décision", la classe politique française est divisée sur la question. D'un côté, certains estiment que cette décision est "grave", quand d'autres assurent qu'elle aurait dû intervenir plus tôt.

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, estime ainsi qu'en décidant de ne pas livrer de Mistral à la Russie, "la France se couche devant l'Allemagne et les Etats-Unis." "En quoi la non-livraison du Mistral par la France pourrait avoir un quelconque effet sur la position russe dans le conflit ukrainien?", s'interroge le souverainiste. Jeudi matin sur RMC, il ajoute que "le président a eu tort. Plus aucun pays n'aura confiance en la parole de la France".

Marine Le Pen affirme elle que la décision de l'Elysée est "très grave parce qu'elle révèle notre soumission à la diplomatie américaine". La présidente du FN en est sûre, "c'est à la demande de Barack Obama que François Hollande a pris cette décision."

Sur leurs positions, tous deux sont sur la même longueur d'onde que… Jean-Luc Mélenchon. Le député européen du Parti de gauche assure que par sa décision, "François Hollande commet une trahison insupportable qui dévalorise totalement la parole donnée par notre pays (…) Cette décision achève la vassalisation de notre pays à la main des USA et de la politique belliqueuse de l'Otan".

"Enfin!", s'écrie Jean-Vincent Placé

Chez les écologistes, on soutient la décision de François Hollande, jusqu'à estimer qu'elle intervient tardivement. "Enfin!", s'exclame le sénateur EELV Jean-Vincent Placé sur Itélé. "C'est tout de même incroyable qu'on ait tant tardé. Mieux vaut tard que jamais. Nous, écologistes, le disons depuis le début de la crise ukrainienne (…) On arrive à un moment où il faut être assez précis dans le rapport de forces. Et le rapport de force, il devient militaire".

De son côté, Hervé Morin s'est félicité lui aussi de la décision de François Hollande. "Il a raison. J'ai dénoncé le fait que nous livrions ces bâtiments de guerre à un pays qui ne respecte ni le droit international, ni la souveraineté d'un pays voisin", a déclaré l'ancien ministre de la Défense mercredi. "Face à cela, la France se doit de réagir comme l'Europe en étant extrêmement ferme".

Ariane Kujawski avec AFP