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Ministères au régime sec, service public en danger ?

Jean-Marc Ayrault dévoilera vendredi les ministères les plus touchés par les économies

Jean-Marc Ayrault dévoilera vendredi les ministères les plus touchés par les économies - -

Vendredi, Jean-Marc Ayrault doit annoncer quatre milliards d’euros d’économies dans les ministères. Certains y voient une menace pour les services publics qui ne seraient plus assez bien assurés.

Jean-Marc Ayrault les avaient prévenus, mais la nouvelle risque malgré tout de mal passer. Vendredi, les ministres recevront du Premier ministre leur lettre de cadrage qui doit préparer le budget de l’année 2014 et dans laquelle ils découvriront le budget qui devrait leur être alloué. Au programme, une cure d’austérité sans précédent de 4 milliards d’euros, tous ministères confondus.
Quatre milliards d'euros, c'est aussi le montant des crédits que le gouvernement a déjà prévu de redéployer en diminuant l'argent alloué à certaines missions pour mieux financer la politique de l'emploi et celles liées à la lutte contre la pauvreté. Ce même montant sera aussi nécessaire pour financer le crédit d'impôt compétitivité (CICE) en 2014. Au total, le gouvernement a promis 10 milliards d'euros d'économies par an.

Education, justice et police préservés

Jean-Marc Ayrault avait prévenu son gouvernement lors d'un déjeuner à Matignon le 20 février dernier, mais la cure d'austérité risque d'être pire que prévue. A l’exception de l’Education, la police et la justice, prioritaires, tous les autres ministères vont devoir se mettre au régime sec. Si on ne sait pas encore comment seront réparties ces économies, la culture et les transports sont dans le viseur du Premier ministre. Pour l'instant, Matignon refuse de dire quoi que ce soit. Un ministre délégué, contacté par RMC estime que Matignon va lui imposer entre 900 millions et 1,3 milliard d’euros d'économies et se demande déjà comment il va boucler son budget.

« Le service public est en danger »

Pour Christian Grolier, le secrétaire général de FO pénitentiaire, cette cure d’austérité menace les services publics. « Là, clairement, le service public est en danger, s’inquiète l’élu syndical. On s’interroge très fortement sur tout ce qui est entretien des routes, des voies navigables, la sécurité sanitaire, les contrôles de la répression des fraudes, les personnes civils de la Défense. En fait, tous les ministères ou les missions non prioritaires sont en très très grande difficulté, et on se demande tout simplement si on continuera, demain, à assurer la sécurité de nos concitoyens ».

« On surpaye les services publics »

Mais Agnès Verdier-Molinié, vice-présidente de l'IFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) et auteure de 60 milliards d'économie (sur les finances publiques), estime que c’est un geste de bon sens qu’il aurait fallu avoir bien plus tôt. « Dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, on dépense en moyenne 60 milliards d’euros de moins que la France pour produire les services publics. Nous, on surpaye les services publics. Sur la question de l’Education, on a à la fois le niveau communal, du département, de la région, de l’Etat. Sur la question de la Culture, chaque échelon intervient. Si chacun a une feuille de route qui n’empiète pas sur celle de son voisin, on y verra plus clair ».

Mathias Chaillot avec Annabel Roger