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Ministère des Services publics, droit au débat: les pistes de Ferrand pour l'après-coronavirus

Richard Ferrand à l'Assemblée nationale le 16 juin 2020.

Richard Ferrand à l'Assemblée nationale le 16 juin 2020. - Stéphane de Sakutin

Le président de l'Assemblée nationale doit remettre ce jeudi à Emmanuel Macron une série de propositions visant à renouer le dialogue entre l'Etat et les citoyens.

Un ministère des Services publics, des adaptations locales favorisées et encore davantage d'association des citoyens: le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM) livre jeudi ses "priorités" à Emmanuel Macron pour l'après-coronavirus.

"L'urgence est au dialogue", plaide Richard Ferrand dans un courrier d'une vingtaine de pages qui sera remis au locataire de l'Elysée en fin d'après-midi, lors d'un rendez-vous aux côtés des présidents du Sénat et du Cese (Conseil économique, social et environnemental) consultés comme lui.

Une "démocratie délibérative"

Poussé par la crise du coronavirus, Emmanuel Macron a engagé des consultations tous azimuts pour dessiner les contours du reste de son quinquennat, qui passe aussi par un remaniement qu'on annonce imminent. Très proche du chef de l'Etat, Richard Ferrand, qui a joint à sa lettre les contributions des groupes politiques de l'Assemblée, en appelle à une "démocratie délibérative" associant les citoyens.

Et "le moment est venu de définir avec les Français", ces "Gaulois parfois réfractaires", "ce qui est du ressort du +territoire+ et ce qui est du ressort de l’État", selon l'élu du Finistère.

Comme dans son récent livre "Nos lieux communs", lui est favorable à "un État fort", recentré "sur des domaines moins nombreux", et à des "collectivités libres". 

"Posons le cadre légal, les moyens nécessaires et laissons préfets et élus concevoir ensemble d’autres organisations", écrit-il, constatant "la réactivité et parfois l’inventivité" des territoires notamment dans la crise du coronavirus. "J'appelle de mes voeux la création d'un ministère du Service Public, chargé des relations avec les citoyens", poursuit le titulaire du perchoir, soutien de "l’égalité d’accès aux services de base".

Priorité à l'emploi, à l'environnement et au numérique

Il estime nécessaire d'"accélérer le déploiement du numérique" et souhaite une "discrimination positive" pour l'équipement en ordinateur des collégiens modestes. Pour une "rénovation énergétique globale des bâtiments d’habitation", il suggère un "opérateur unique pour intervenir auprès des particuliers" et une aide plus massive des plus modestes.

Le président de l'Assemblée nationale passe en revue les priorités à l'emploi, la cohésion sociale, et encore la souveraineté, qui pourrait se traduire dans l'attribution des marchés publics notamment. Enfin, il souhaite une "planification renouvelée": non pas "réinventer le Gosplan, mais travailler à anticiper les conséquences concrètes des grandes évolutions, sur des sujets comme le climat ou l’emploi".

Des réformes qui manquent de pédagogie

Plutôt que des réformes, Richard Ferrand préconise une "modernisation" du pays, "apaisante, sereine". Il revient sur le conflit autour de la réforme des retraites, demeurant "convaincu de la pertinence du projet initial d’une retraite par points". "La dimension paramétrique jointe au débat a altéré la clarté du dispositif initialement prévu", assure-t-il dans une pique à Edouard Philippe qui la soutenait.

Et de poursuivre à l'adresse du Premier ministre, à l'approche d'un remaniement: "Si des mesures telles que la limitation de vitesse à 80 km/h ou la taxe carbone sont devenues irritantes au point de mobiliser une frange de nos concitoyens (...), il n'est pas impossible que ce soit par défaut de méthode, plutôt que par leur contenu".

H.G. avec AFP