BFMTV

Militaires morts au Mali: Alexis Corbière appelle à une réflexion sur la présence française au Sahel

Membre de la commission de la défense à l'Assemblée nationale, et vice-président du groupe d'amitié France-Mali, le député s'exprimait après la mort de treize soldats de l'opération Barkhane au Mali.

-Deux jours après la mort de treize soldats français déployés dans le cadre de l'opération Barkhane au Mali, auxquels un hommage national sera rendu lundi aux Invalides, Alexis Corbière a appelé à une réflexion sur la raison de la présence française au Sahel.

"Nos forces armées doivent avoir notre soutien dans le sens où elles risquent leur vie. Il ne s'agit pas de les mettre en cause", a précisé le député insoumis de Seine-Saint-Denis sur BFMTV-RMC ce mercredi.

Mais, "parce que j'ai une haute idée de cette expression, 'mort pour la France', je pense qu'aussi nous devons avoir une réflexion politique sur ce que nous faisons là-bas. Quel est le sens politique, quel est le plan politique qui accompagne cette intervention?", questionne le parlementaire, qui regrette qu'en "Ve République, on ne discute pas dans l'Hémicycle de pourquoi nos soldats sont là-bas".

41 morts depuis 2013

Depuis le déploiement de militaires français au Sahel en 2013, d'abord dans le cadre de l'opération Serval, puis Barkhane en 2014, 41 militaires français sont morts sur ce théâtre d'opération.

Toutefois, si Alexis Corbière s'interroge sur les conditions de la présence française au Sahel, le député n'appelle pas à un départ immédiat des troupes. "Je ne crois pas que du jour au lendemain nous pourrons en partir, ce serait folie", assure-t-il. "Par contre, je pense qu'il faut le plan politique de ce que nous faisons-là bas et créer les conditions pour que nous puissions partir."

"Il y a peut-être plus efficace aujourd'hui pour lutter contre le jihadisme que ce que nous faisons", poursuit l'insoumis. "Quand on engage la vie de soldats français, qui risquent leur vie pour le drapeau, qui risquent leur vie pour la nation, je veux pouvoir regarder les familles dans les yeux et leur dire, voilà pourquoi votre fils ou votre fille est mort."
Clarisse Martin