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Mélenchon attend que "la poussière retombe" avant de tirer les enseignements des Européennes 

Jean-Luc Mélenchon au soir des Européennes, le 26 mai.

Jean-Luc Mélenchon au soir des Européennes, le 26 mai. - BFMTV

Dans une note publiée sur son blog ce week-end, le leader de la France insoumise déclare qu'il dira son mot sur les leçons que son camp devrait tirer de ses mauvais résultats aux Européennes après le 6 juin. D'ici là, il se "repose".

Dans le titre d'un de ses romans, l'écrivain américain John Fante recommandait "d'interroger la poussière" devant l'inexplicable. Pour expliquer la déroute de la France insoumise aux Européennes, Jean-Luc Mélenchon attend quant à lui qu'"elle retombe", comme il le dit dans une note parue sur son blog samedi. Dans le deuxième temps d'un développement structuré en cinq points, le député élu dans les Bouches-du-Rhône pose ainsi: "Par tradition intellectuelle, j’attends toujours que 'la poussière retombe' avant d’analyser un nouveau paysage."

Après le 6 juin 

L'homme politique, sans avancer de date, pointe cependant un horizon pour cette prise de parole: "Après le 6 juin, je m’exprimerai plus largement, aussi clairement que j’en suis capable. Je dirai mon appréciation du moment politique. Je proposerai une suite pour notre chemin et je dirai ce qu’il en sera pour moi." Son silence, glisse-t-il en outre, s'appuie sur deux autres motifs:

"Je me repose. C'est normal au terme de près d’un an de campagne dans laquelle j’ai été très investi en même temps que je menais ma vie de parlementaire. (...) j’attends aussi la fin de l’installation de notre délégation insoumise au Parlement européen avant de m’exprimer."

Au soir du 26 mai, tandis que les écologistes de Yannick Jadot caracolaient en tête des voix destinées à la gauche et que la France insoumise tombait à 6% environ des suffrages exprimés, Jean-Luc Mélenchon sonnait l'heure des "combats et des caractères". Mais dans sa formation, d'autres n'ont pas tardé à se montrer plus disert et à tracer des plans sur les comètes à venir. La députée élue en Seine-Saint-Denis, Clémentine Autain, avait aussitôt dégainé, notamment sur France Inter: "A mon sens, c'est évidemment un problème de ligne, de profil politique, de ce qu'on a donné à voir depuis deux ans". Tançant encore la "stratégie politique", elle s'était mollement défendue de s'en prendre à Jean-Luc Mélenchon.

"Il faut imaginer Sisyphe heureux" 

Dans le texte de ce dernier, on remarque une allusion transparente à cet épisode:

"Je ne suis choqué ni meurtri d’aucune expression critique. D’abord parce qu’il est normal que chacun veuille vivre sa vie, faire entendre ses conclusions et déployer ses calculs si vite que ce soit. Ensuite parce que, après ce que je viens de vivre depuis un an, je ne serais pas raisonnable d’attendre de l’élégance dans la vie politique. Enfin parce que les différents regards qui se portent sur le contexte font partie de celui-ci. Et donc ils méritent d’être eux-aussi observés sérieusement pour bien comprendre ce qui se passe."

Remerciant ensuite les gens lui ayant apporté leur soutien, il s'en remet à la littérature et à Albert Camus: "Comme moi ils savent que 'la lutte pour les sommets suffit à remplir le cœur d’un Homme' comme dit Albert Camus. Ils savent que ceci n’a rien à voir avec les crapahutages carriéristes." Poursuivant dans la même veine, il ajoute: "Je ne déprime pas, je ne pars pas à la retraite. Je suis au combat et j’y resterai jusqu’à mon dernier souffle, si je le peux. Comme pour beaucoup de mes lecteurs, la nature de mon engagement n’est pas celui d’une carrière (au demeurant la mienne serait faite) mais plutôt de l’ordre d’un chemin de vie." En guise de conclusion, il brosse enfin: "'Il faut imaginer Sisyphe heureux', vous le savez bien." Un précepte là encore tiré de Camus.

Robin Verner