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Mégafichier: Cazeneuve pense qu'un débat aurait dû avoir lieu "en amont"

Bernard Cazeneuve regrette qu'un débat n'ait pas eu lieu "en amont" à propos du mégafichier. (Photo d'illustration)

Bernard Cazeneuve regrette qu'un débat n'ait pas eu lieu "en amont" à propos du mégafichier. (Photo d'illustration) - AFP

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a convenu ce mardi qu'un débat consacré au mégafichier aurait dû avoir lieu "en amont".

"J'en conviens, un débat n'a pas eu lieu en amont (...) dès lors qu'il est souhaité nous l'organisons", a déclaré ce mardi matin Bernard Cazeneuve. Le ministre de l'Intérieur était auditionné devant la commission des lois à propos de ce projet controversé qui divise jusqu'au sein du gouvernement.

"Nous pensons bien faire, nous prenons toutes les précautions" pour garantir les libertés, a-t-il réitéré. "Nous n'avons rien à redouter, et sollicitons nous-mêmes le débat" public qui aura lieu ce mercredi à l'Assemblée nationale. 

Le ministre de l'Intérieur a également réaffirmé que les Français "pourront s'opposer au transfert numérique de leur empreintes digitales" dans la base de ce fichier, comme il l'avait indiqué vendredi dernier.

Les Français pourront s'opposer au transfert de leurs empreintes digitales dans la base du fichier

Bernard Cazeneuve et la secrétaire d'État au Numérique, Axelle Lemaire, s'étaient publiquement affrontés sur ce dossier la semaine dernière. Vendredi dernier, des évolutions destinées à renforcer les garanties individuelles ont été proposées. 

La principale avancée est de laisser le choix aux usagers de voir, ou non, figurer leurs empreintes digitales. Ils pourront s'y opposer de manière explicite. 

Axelle Lemaire avait exprimé de vives réserves sur ce mégafichier, évoquant un décret "pris en douce par le ministère de l'Intérieur" au moment du week-end de la Toussaint et un "dysfonctionnement majeur".

"Il n'y a pas de perversité du jour férié au ministère de l'Intérieur!"

Le ministre de l'Intérieur a indiqué devant les sénateurs qu'il avait signé le décret le "jour où il m'a été présenté. Je ne suis pas plus en catimini à la Toussaint qu'à la Pentecôte, a-t-il ironisé. Il n'y a pas de perversité du jour férié au ministère de l'Intérieur!"

Face à la montée de la polémique, il avait proposé mardi dernier la tenue d'un débat parlementaire sur le mégafichier baptisé "Titres électroniques sécurisés". Objet d'un décret paru le 30 octobre au Journal officiel, il réunit dans une seule base de données (identité, couleur des yeux, domicile, photo, empreintes digitales...) les détenteurs d'un passeport et d'une carte d'identité et concerne potentiellement près de 60 millions de Français.

A.Mi avec AFP