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Marseille: Ravier appelle à un "pacte" du RN avec la droite, Teissier et Vassal s'y opposent

Le sénateur RN Stéphane Ravier.

Le sénateur RN Stéphane Ravier. - BERTRAND LANGLOIS

À la veille du troisième tour des municipales à Marseille, où aucun candidat n'a réussi à ravir la mairie, le Rassemblement national appelle à un "pacte marseillais" pour battre la candidate du Printemps marseillais Michèle Rubirola.

Des rebondissements dignes d'une série télévisée. Depuis dimanche, tous les yeux sont rivés sur Marseille où le second tour des municipales n'a pas permis de connaître le nom du nouveau maire. En plein déchirement de la droite, avec deux candidats Les Républicains (LR) désormais en lice pour ravir la mairie de la cité phocéenne, le Rassemblement national (RN) vient de faire son entrée dans le jeu.

Dans un communiqué, diffusé jeudi soir par La Provence et Marsactu, Stéphane Ravier (RN), élu avec huit colistiers au conseil municipal, a appelé "à la formation d’un 'Pacte marseillais' nécessaire pour que l’extrême gauche la plus sectaire ne s’abatte pas sur notre ville. Ce pacte peut rassembler des hommes et des femmes de bonne volonté, débarrassés de toute idéologie et d’esprit sectaire, au service de notre ville".

Une alliance contre le Printemps marseillais?

Cet appel du pied de l'extrême droite intervient au milieu d'une série de coups de théâtre qui ont vu la candidate LR Martine Vassal se retirer, jeudi, au profit au profit du député des Bouches-du-Rhône Guy Teissier, 75 ans, assurant qu'il s'agit du "choix du consensus".

Dans la même journée, l'élu LR Lionel Royer-Perreaut a déclaré sur Facebook se présenter à son tour au poste de maire de Marseille, refusant de soutenir le nouveau candidat de son parti, expliquant qu'il existe "des ententes en cours avec le Front national [Rassemblement national, sic]".

Guy Teissier, ténor de la politique marseillaise, issu de la droite dure, semble s'attirer les faveurs de Stéphane Ravier, pour battre la candidate du Printemps marseillais Michèle Rubirola, largement arrivée en tête en nombre de voix (avec 38%) devant Martine Vassal (30%) lors du second tour des municipales. À Marseille, où l'on vote par secteur, la gauche a remporté quatre secteurs sur huit, la droite trois.

"Jamais il n'y aura d'alliance"

Martine Vassal a réagi sur les réseaux sociaux, jeudi soir, aux déclarations de Stéphane Ravier, affirmant que "jamais il n'y aura d'alliance avec le Front national [Rassemblement national, sic]" et martellant qu'il s'agit d'une "ligne rouge infranchissable".

"Les déclarations de Stéphane Ravier sur la possibilité d’un 'pacte marseillais' sont une nouvelle illustration de l’état d’esprit et de l’indécence de cet élu d’extrême droite, qui flirte toujours entre irresponsabilité et provocation. Mais comme à son habitude, grande bouche - petits bras, Stéphane Ravier n’en finit pas de sombrer dans le ridicule. Monsieur Ravier sait pourtant que les valeurs de la droite républicaine et du centre ne sont pas compatibles avec les siennes et celles de son parti qui ne savent qu’incarner la haine et l’exclusion", a-t-elle expliqué dans le communiqué.

De son côté, Guy Teissier a souligné sur notre antenne, jeudi soir, qu'un éventuel accord avec l'extrême droite est "absolument ridicule". "Il n'est pas question de faire un accord avec le Rassemblement national, c'est clair, net et précis", a-t-il ajouté.

Le doute plane donc encore à la veille du "troisième tour" des municipales, qui se joue ce samedi à Marseille, où l'élu RN Stéphane Ravier et la sénatrice ex-socialiste Samia Ghali, qui a remporté huit sièges au conseil municipal, auront un rôle décisif à jouer.

Clément Boutin Journaliste BFMTV