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Marseillaise de révolte dans l'Hémicycle

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Du jamais vu dans l'hémicycle. Se sentant « muselés » dans les débats sur la réforme de la procédure législative, les députés socialistes ont protesté bruyamment hier mardi, avant de quitter l'Assemblée. Explications.

Les députés PS ne siègent pas aujourd'hui mercredi à l'Assemblée Nationale, et ce jusqu'à nouvel ordre. Ils ont quitté l'hémicycle hier soir en pleine séance, laissant la majorité poursuivre l'examen du projet de loi organique, qui prévoit de limiter la durée des débats parlementaires et encadre le droit d'amendement. Les députés PS n'ont pas apprécié que soient écourtés les débats alors que tous n'avaient pas encore parlé. D'autant que Jean-Marc Ayrault, président du Groupe socialiste à l'Assemblée, venait de faire une proposition de compromis : « On musèle la parole des députés, dénonce-t-il. On diminue le nombre d'orateurs : sur l'article 13 nous étions 18 inscrits, et au bout de 4 inscrits, on nous a dit "non, non, c'est fini, la discussion s'arrête". Idem pour les 100 autres amendements que nous voulions défendre, c'est toujours à la hussarde et le débat n'a plus le temps de s'installer. »

Les socialistes chantent la Marseillaise

Pour protester, plusieurs dizaines de députés socialistes sont venus sous le parloir de l'Assemblée, scander « Démocratie, démocratie ! », puis chanter la Marseillaise, avant de quitter l'hémicycle. Jean-Marc Ayrault, leur chef de file, s'explique : « nous avons été jusqu'à chanter la Marseillaise, parce que le moment était solennel, parce que ce qui s'est passé est grave. De mémoire de parlementaire, personne ne se souvient d'avoir vécu un tel événement. Le Président de l'Assemblée Nationale [ndlr, Bernard Accoyer] n'a pas su rester l'arbitre. Il était plus Président de l'UMP que de l'Assemblée. Et du côté de son parti, c'était la fermeture totale, c'était "circulez, y'a rien à voir !". Ce sont les ingrédients d'une crise politique. »

Accoyer « tend la main » à l'opposition ?

Une crise ? Là-dessus, l'UMP semble d'accord. A en croire le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, dont les socialistes ont réclamé la démission : « c'est une situation politique grave, une crise au sein de l'Assemblée Nationale, un coup de force face à l'institution, cœur de la République, mais ce n'est pas une situation dramatique, tempère-t-il aussitôt. C'est ma responsabilité d'y faire face. Je le ferai. Depuis quelques semaines, on sent bien une tension, que je déplore. Mais, pour autant, nous devons mettre en œuvre la réforme constitutionnelle, qui est reconnue par tout le monde. »

La rédaction, avec Philippe Gril