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Marche contre l'islamophobie: Aurore Bergé estime que les initiateurs luttent "pour un islam politique"

La porte-parole de La République en Marche, invitée ce dimanche de BFM Politique, désapprouve fermement la tenue de la marche contre l'islamophobie débutée ce dimanche à 13 heures à Paris, estimant que le terme d'islamophobie consiste à interdire de critiquer l'islam.

Dix jours après sa publication, la tribune appelant à une marche contre l'islamophobie ce dimanche n'en finit plus de faire couler de l'encre. Invitée de BFMTV ce dimanche, la porte-parole de La République en Marche (LaREM) Aurore Bergé a dénoncé la tenue de cette marche, qui a divisé la gauche.

La députée des Yvelines critique notamment l'emploi du terme "islamophobie", qui fait l'objet d'un débat sémantique. Pour les signataires de la tribune, il s'agit "d'une forme de racisme explicite qui vise des personnes en raison de leur foi", ce que réfute Aurore Bergé.

Débat sur le terme "islamophobie"

"Parler d'islamophobie, c'est justement non pas dénoncer le racisme, c'est interdire de critiquer une religion", a estimé l'élue. "On a bien le droit dans notre pays, et heureusement, d'avoir un esprit critique aiguisé qui nous permet de critiquer les religions. Par contre, en effet, le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit", a-t-elle renchéri.

Une différence d'acception de taille qui cristallise les désaccords, au cœur des ferraillements politiques de ces derniers jours. "Il est inacceptable que des personnes en France soient discriminées parce qu'elles auraient telle ou telle religion ou telle ou telle culture, mais de fait comme ils (les initiateurs de l'appel, NDLR) ont choisi ce terme, ils savaient délibérément que ce terme ne permettrait pas de rassembler celles et ceux qui sont des républicains farouches", ajoutant que ces derniers "veulent lutter pour un islam politique".

Une conception sur la même ligne que celle exprimée par Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, qui jeudi a dénoncé une initiative "lamentable", et une marche qui était "une façon de lutter contre la laïcité en utilisant des arguments qui ne valent pas".

Malaise parmi les signataires de l'appel

Aurore Bergé a également visé sans les nommer les rétropédalages de certains signataires de la tribune publiée dans Libération:

"Aucun homme ou aucune femme politique ne peut accepter de signer une tribune sans la lire. Soit ils l'ont lue et ils ont accepté le mot d'ordre qui était celui de la tribune, soit ils ne l'ont pas lue et c'est grave en termes de sérieux politique que l'on doit avoir."

Un tacle appuyé qui semble adressé directement à l'écologiste Yannick Jadot et les députés François Ruffin et Adrien Quatennens, qui après avoir signé la tribune ont changé leur fusil d'épaule. Ruffin en admettant l'avoir signée distraitement en vacances, Quatennens et Jadot en reconnaissant chacun qu'ils n'étaient pas d'accord avec tous les termes employés. Tous trois ont annoncé qu'ils ne seraient pas à la marche.

Clarisse Martin