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Manuel Valls va discuter avec les indépendantistes en Corse

Le Premier ministre Manuel Valls s'exprime à l'Assemblée nationale, jeudi 12 mai 2016.

Le Premier ministre Manuel Valls s'exprime à l'Assemblée nationale, jeudi 12 mai 2016. - Geoffroy Van der Hasselt - AFP

En décembre 2015, les indépendantistes remportaient les élections régionales en Corse. Le Premier ministre s'y rend aujourd'hui afin d'évoquer l'avenir de l'île.

Le Premier ministre Manuel Valls sera en Corse ce lundi…et doit s’attendre à quelques échanges tendus avec des élus qui l'attendent de pied ferme. Pour sa première visite sur l’île de Beauté en tant que chef du gouvernement, le locataire de Matignon va exposer les propositions de son cabinet sur l’avenir de la Corse dirigé par les indépendantistes depuis la victoire des indépendantistes Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni aux régionales de décembre 2015.

Des groupes de travail consacrés à l'avenir de la Corse

Lors d'une rencontre à Paris suite à une polémique après un discours prononcé en langue corse dans l'assemblée régionale, la création de trois groupes de travail avait été actée:

- le premier est consacré "à l’avenir et au développement de la langue corse" 

- le deuxième à "la lutte contre la spéculation foncière et la fiscalité" 

- le troisième à la "mise en place de la collectivité unique". Celle-ci deviendra une réalité à compter de janvier 2018 et prévoit la fusion des deux départements sous l’égide de l’entité régionale.

Langue corse: Valls ne cèdera pas

Pour ce qui est de l’avenir de la langue corse, il ne devrait pas y avoir de grand changement. Les indépendantistes réclament un statut de co-officialité pour celle-ci aux côtés du français mais ont peu de chance de voir le Premier ministre fléchir sur ce point.

L’article 2 de la constitution de la Ve République proclame en effet que "la langue de la République est le français". Les élus espèrent cependant un geste symbolique en provenance de l’exécutif avec la création d’une agrégation de corse.

Le cas des "prisonniers politiques"

En-dehors de ces chantiers, les discussions seront cristallisées autour du statut de prisonniers qualifiés de "politiques" par les indépendantistes et du principe de "rapprochement", c’est-à-dire l’incarcération des détenus corses sur l’île et non dans l’Hexagone. Manuel Valls assure que ce principe est déjà respecté (à l’exception du "commando Erignac" ayant tué le préfet de Corse en 1998 qui, lui, est destiné à rester sur le continent) tandis que le groupe Corsica Libera, cité ici dans Corse Matin, dit ne constater "aucune avancée".

Ces différents points formeront l’ossature du discours que prononcera Manuel Valls devant l’assemblée de Corse dans la journée alors que les élus régionaux, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni en tête, forts de leurs scores aux dernières régionales ne compte pas se laisser faire. Journée animée en perspective. 

R.V