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Manifestations étudiantes: après les retraites et les urgences, le gouvernement face à un nouveau front?

Plusieurs manifestations ont eu lieu mardi en France, après qu'un étudiant de 22 ans s'est immolé par le feu vendredi dernier à Lyon afin de dénoncer la précarité. Le jeune homme est toujours entre la vie et la mort.

.Mobilisation contre la réforme des retraites, crise des urgences... La longue liste des contestations sociales va-t-elle être complétée par des mouvements étudiants destinés à lutter contre la précarité étudiante? Une convergence des luttes sociales - multiples - est-elle envisageable?

Pour l'éditorialiste politique de BFMTV Christophe Barbier, "il y a une accumulation inquiétante pour le gouvernement, il y a un 'tout sauf Macron' qui regroupe tout cela, et puis il y a le gouvernement en état d'alerte parce qu'il n'a rien vu venir il y a un an avant le mouvement des gilets jaunes".

L'immolation d'un étudiant a mis le feu aux poudres

Mardi, plusieurs rassemblements ont eu lieu en France, à l'appel du syndicat Solidaires. Le but était notamment de dénoncer la précarité à laquelle sont soumis de nombreux étudiants, après que l'un d'entre eux s'est immolé par le feu à Lyon vendredi devant un bâtiment du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous).

Le jeune homme, qui se trouve entre la vie et la mort, avait perdu sa bourse après voir triplé sa deuxième année de licence. "Aujourd'hui, je vais commettre l'irréparable, si je vise le bâtiment du Crous ce n'est pas par hasard, je vise un lieu politique", avait-il écrit peu avant de passer à l'acte.

Après un rassemblement d'étudiants devant le Crous mardi soir à Paris, la manifestation a dégénéré devant le ministère de l'Enseignement supérieur, dont la grille d'entrée a été arrachée. Plus tôt dans la journée à Lille, François Hollande avait été empêché de donner une conférence à l'université par des manifestants dénonçant la précarité étudiante. Des exemplaires de son livre ont été déchirés.

Macron en perte de vitesse?

Face à cette colère étudiante, Christophe Barbier rappelle que le fait de s'immoler par le feu n'est "jamais anodin".

"C'est Jan Palach en 1968 (à Prague, NDLR), c'est Mohamed Bouazizi (à Ben Arous en Tunisie, NDLR), qui lance le printemps arabe par son sacrifice en 2011... Ce sont des phénomènes toujours très inquiétants, par ailleurs un mouvement étudiant, ça peut s'éteindre en 48 heures comme ça peut donner des mois et des mois de blocages et de mobilisation, donc en effet on est face à quelque chose qu'il faut regarder de très près."

Macron, paralysé? "Si le glaçon n'est pas totalement formé, il est en train de se former, estime Christophe Barbier. Je ne dirais pas que le réformisme macronien s'éteint, il est en train de s'assouplir, c'est-à-dire on discute, on passe moins en force, mais de s'assouplir à s'assoupir, il y a une lettre", met en garde l'éditorialiste, pour qui la manifestation du 5 décembre contre la réforme des retraites pourrait constituer un point de ralliement des différentes luttes.

Clarisse Martin